Qui sont ces élégantes dames? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Rédacteur   
Mardi, 09 Octobre 2012 13:27

 

p149n03Ces élégantes dames de Chambly, légèrement penchées vers l'avant pour la pose, pied droit appuyé, coiffures en couronne, de blanc et de noir vêtues, qui sont-elles donc? S’agit-il d’un groupe choral? Nos archives provenant du fonds Réal-Demers n’identifient pas ces blanches "créatures". Quelqu’un peut-il reconnaître là une ancêtre, une vieille tante? À l’aide. On aimerait connaître leur nom.

 
Je me plais à croire que ces douze sirènes tout sourire viennent de cette troupe que décrit l’article suivant:

«Samedi le 15 du présent mois (février 1890), avait lieu à Chambly-Canton une soirée dont le souvenir restera gravé longtemps dans la mémoire de ceux qui ont eu le plaisir d’y assister. Il y a quelques mois, les jeunes demoiselles des familles les plus en vue de ce village tenaient une assemblée pour décider quel moyen prendre pour passer agréablement les longues soirées d’hiver et en même temps contribuer aux bonnes oeuvres qui s’y pratiquent. De suite, on se met à l’étude, on s’exerce au chant, à la musique, au drame et à la comédie.


Bref, ou bout de quelques temps, on lance un programme, mais un programme qui promettait de la musique, des choeurs de chant, un drame à sensation, une comédie anglaise, un duo, chansons comiques; enfin, il fallait être braves et courageuses comme le sont les jeunes demoiselles de Chambly-Canton, pour entreprendre autant. Au fait, l’une d’elles m’a déclaré qu’avant le lever du rideau, on tremblait de crainte de ne pouvoir réussir, car c’était la première fois que l’on mettait le pied sur la scène. Mais dès que le rideau fut levé, tout s’était dissipé, sauf leurs charmes et leur talent. On a fait pleurer, on a fait rire, on a charmé les oreilles par le chant et la belle musique. Tous les rôles ont été rendus à merveille et plutôt en actrices consommées qu’en débutantes. En vérité, Mlles Trudeau, Mailhot, Chaloux, Savage, Many, Bouchard, Caouette et Coté, on vous savait charmantes, mais vous êtes plus que cela. Je me tais.» Signé: Un spectateur (La Presse, 20 février 1890).


Mais ne devaient-elles pas défier les rigueurs du clergé? Voici ce qu’un auteur écrit quant aux spectacles féminins de ce siècle:
 
«La tolérance ecclésiastique envers le théâtre de collège connaît une période d'instabilité à l'époque du 3e Concile provincial de Québec (1863), et l'intolérance envers le théâtre populaire se fait, elle, plus unanime, à cause de la venue plus nombreuse, après 1870, de troupes françaises et américaines. À partir de 1873, Mgr Fabre interdit le théâtre dans les couvents, ce qu'il ne fait pas dans les collèges masculins, en alléguant que «la jeune fille n'est point appelée, comme le jeune homme, à paraître en public dans le monde». (Internet, critique de Marcel Lajeunesse, dans RHAF, de L’église et le théâtre au Québec, par Jean Laflamme et Rémi Tourangeau, Fides, 1979).
 
Paul-Henri Hudon


Mis à jour le Mardi, 09 Octobre 2012 13:33
 
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