Un ermite au Mont-St-Hilaire PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 27 Octobre 2013 00:00

 

ermite lemieuxLes historiens de Beloeil-Mont-St-Hilaire le nomment Hilaire Lemieux. Le journaliste du Courrier de Saint-Hyacinthe le nomme Hubert Lemieux. Quoi qu’il en soit, c’est un original, hors norme et non conformiste. Il aurait vécu en solitaire sur la montagne entre 1868 et 1873, «sous la protection de Mme Campbell», précisent les historiens de l’endroit.

 

«Il n’était pas célibataire, comme on l’a cru longtemps à Saint-Hilaire. Mais à la suite de difficultés quelconques avec sa femme, il se réfugia au mont Saint-Hilaire et y vécut en ermite, se nourrissant du gibier de la montagne et du poisson qu’il prenait dans le lac Hertel... Ce Lemieux venait de Lévis, où il avait été dans le commerce». Vérification faite, à Pointe Lévis deux Hubert Lemieux prennent épouse. L’un, fils d’Ambroise Lemieux se marie en juillet 1868. L’autre, fils de Joseph, épouse une veuve, Sophie Topen en 1859. C’est peut-être ce dernier qui est notre itinérant montagnard. Des Topen et des Lemieux de Lévis sont qualifiés de bateliers et de navigateurs. Hubert Lemieux était-il un habitué de la rame?
 
«Il quitta Saint-Hilaire comme il était venu du jour au lendemain. Apparemment, il s’accommodait mal des réunions et des bals qui se donnaient à l’hôtel que l’on venait de construire sur le lac, en somme du voisinage des humains. Il dit alors qu’il se rendrait avec sa chaloupe jusqu’à Lévis par le Richelieu et le fleuve Saint-Laurent, mais il semble que c’était là simplement une fable, destinée à dérouter ceux qui s’informeraient de ses projets. Il abandonna vraisemblablement son embarcation en route et prit quelque part le train pour une destination connue de lui seul. On le retrouve quelques temps après au lac Mégantic où il passa le reste de ses jours. Il établit son nouvel ermitage au pied d’une montagne à quatre milles du village d’alors, sur la rive droite du lac, et reprit sa vie solitaire, subsistant comme à Saint-Hilaire de gibier et de poisson.»
    
«Chaque semaine, le mercredi ou le jeudi, il colportait du poisson à travers les rues du Lac Mégantic, et le produit de ses ventes lui permettait l’achat d’épiceries chez les marchands du lieu. Puis il retournait invariablement à sa cabane où il vivait en compagnie d’un chien et, pendant longtemps, d’un mouton.»

 

«Excellent catholique, le père Lemieux assistait à la messe chaque dimanche. Il se rendait à l’église en chaloupe ou en raquettes, selon la saison. Il parlait rarement à qui que ce soit et ne se souciait aucunement de ce que l’on pouvait dire de lui. Son séjour au Lac Mégantic dura une vingtaine d’années. Il se rendit un jour à Sainte-Anne de Beaupré, pour un pèlerinage et, en route, indiqua à un compagnon, en passant à Lévis, la maison qu’il avait habitée dans sa jeunesse. Il n’arrêta point. Il revint au Lac Mégantic et y demeura jusqu’à sa mort».

 

Le répertoire des sépultures de Lac Mégantic ne fait aucune mention d’un Hubert Lemieux inhumé à cet endroit vers 1893.
 
À Saint-Pascal-de-Kamouraska, la montagne à Coton, avait aussi connu son ermite. «Un dénommé Johnny Lainé arrive à Saint-Pascal en 1845, en provenance du Nouveau Brunswick. Il se construit un ermitage au sommet de la montagne et dédie la chapelle qu'il comporte à la Vierge Marie à laquelle il voue une vénération sans bornes. Toujours vêtu de blanc et appliquant la couleur blanche partout autour de lui, il reçoit le surnom de Coton. Il vivra à cet endroit fort fréquenté jusqu'en 1870 environ. Il meurt à Montréal en 1890». (Source Internet).
 
Références:

Photo: Musée McCord, reproduite dans Cahier d’histoire, no 21, page 40, Société d’histoire de Beloeil-Mont-St-Hilaire.

Texte: Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 5 janvier 1945.
 
Paul-Henri Hudon

 

 

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