Toponymie: Jean Besset, premier colon de la seigneurie PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 08 Mars 2015 00:00

 

signpost-20032 640Dans la toponymie de la région, les rues Bessette, à Carignan et Besset, à Saint-Mathias rappellent Jean Besset, dit Brisetout, soldat de la compagnie de Latour du régiment de Carignan-Salières. À Chambly, le boulevard Anne-Le Seigneur évoque son épouse, Anne Seigneur (ou Le seigneur), fille du roi. Voici le premier couple de pionniers à se marier dans la chapelle du fort de bois et à s’établir dans la seigneurie.

 

Jean Besset est né à Cahors, sur les rives du Lot, probablement en 1642 si on se fie à l’âge qu’il donne au recensement de 1681 : 39 ans. Il avait donc 23 ans, le 19 avril 1665, quittant La Rochelle sur le Vieux Siméon qui accoste à Québec le 19 juin suivant.


Dès son arrivée, les soldats de la compagnie de Latour sont dirigés dans la vallée de la rivière Richelieu et participent à la construction du fort Saint-Louis (Chambly), sous les ordres du capitaine Jacques de Chambly. Selon l’historien Michel Langlois, ils y restent cantonnés.


En 1668, Jean Besset se rend-il à Québec où est attendu La Nouvelle-France? Parti de Dieppe avec à son bord 81 filles du roi, ce navire navigue en direction de la colonie après avoir fait escale à La Rochelle et arrive à Québec le 3 juillet. Parmi les jeunes filles se trouve Anne Seigneur, une orpheline de 16 ans de la paroisse de Saint-Maclou, à Rouen, née le 1er mars 1649.


L’acte de mariage Besset-Seigneur reste introuvable à ce jour. Les détails connus se trouvent dans le contrat rédigé par le notaire Adhémar. Curieusement, cet acte est daté du 3 juillet 1668, jour de l’arrivée d’Anne. Est-ce à dire qu’ils se sont rencontrés sur le quai de Québec ? Jean avait-il déjà du bien, soit un lopin de terre déjà défriché ? Il n’est pas exagéré de croire que des soldats cantonnés au fort avaient commencé à défricher avant la concession officielle de 1672 à Jacques de Chambly et la distribution des premières concessions, en 1673.


Anne et Jean auront neuf enfants, mais leur existence se déroulera dans une époque éprouvante, marquée par les guerres iroquoises. Ils devront abandonner leur terre après 1681 et on les retrouvera à errer dans les paroisses environnantes. Ce n’est qu’après la signature de la Grande Paix de Montréal, en 1701, qu’ils reviendront vivre dans la seigneurie.


Jean meurt « sur la minuit de 1707 ». Le père récollet Dublaron reconnaît le pionnier. « Il était un ancien habitant de Chambly », indique-t-il dans le registre, et lui attribue même un grand âge : 84 ans! Il avait plutôt 65 ans. Anne lui survit jusqu’en 1733.

 

Louise Chevrier  


 

Illustration: PublicDomainPictures/Pixabay

 

 

 

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