René Boileau plante des cotonniers dans sa cour en 1795 PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 13 Mars 2017 00:00

 

asclepiadeParmi les notes manuscrites rédigées par Pierre Boileau (1754-1831), négociant et major de milice de Chambly, on trouve de longues descriptions de son jardin, des plantes, des semis. À travers ses 329 choux annuels, il sème le 9 juillet 1795 des cotonniers. Il écrit: «J'ai planté 6 cotonniers que le Sr Amable Montis, père, m'a apporté du Lac Champlain; il y avoit près de deux mois qu'ils avoient été arrachés; et il les avoit mis en terre dans une grande caisse sur un de ses cajeux. Il n'y en a que deux qui ont pris; ils sont près de la maison, chaque côté de la grande allée».

 

Quoi? Qu’est-ce à dire? Comment cultiver du coton dans un terrain aussi nordique? Et que fait-il de quelques tiges de cotonnier dans son jardin? Rapiécer un bas percé? Non!  File-t-il un mauvais coton? Pas sérieux, M. Boileau!
 
Pehr Kalm, lors de son voyage au Canada, a décrit cette plante,qu’il a observée la première fois au fort Saint-Frédéric (Lac Champlain). Il s’agit de l'Asclepias syriaca: «Les Français (lire les Canadiens) donnent le nom de cotonnier à cette plante qui pousse dans les environs et que l’on a coutume de manger au printemps. On en prend les turions, on les prépare et on les mange comme des asperges. Quand on la casse, une substance laiteuse sort en abondance de la tige. La fleur est rouge et, quand elle se fane, il reste auprès des graines une sorte de coton... Autour de la graine dans la capsule, on trouve une substance laineuse que l’on récolte et avec laquelle on confectionne des matelas pour les pauvres ou pour la literie des petits enfants. Ici et sur toute l’étendue du Canada, on en mange dès le début du printemps....».
 
Dans le jardin de M. Boileau, il y avait des cotonniers. Dans le cotonnier, il y avait des fleurs. Dans les fleurs, il y avait de la rosée. Dans la rosée du matin, «il exprime le suc et il obtient par cuisson un sucre qui est brun, de belle apparence et qui est assez bon». C’est encore le botaniste suédois Pehr Kalm qui l’écrit. Autrement dit, «l’arbre est dans ses feuilles», comme le sucre est dans le coton!
 
Étonnante histoire!
 
Paul-Henri Hudon
 
Références :Voyage de Pehr Kalm au Canada en 1749, traduit et annoté par Jacques Rousseau et Guy Béthune avec le concours de Pierre Morisset, éditions Pierre Tisseyre, Montréal 1971, aux folios 643, 705, 750, 853, 862, 888 et 896.

 

Sur le Web (illustration tirée de ce site): jeanprovencher.com/2015/09/09/le-cotonnier/

 

 

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