Les premiers occupants de l’Île-aux-lièvres PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 12 Février 2018 00:00

 

Berloton09031753Un personnage, du nom de Pierre Berloton (c1653–1753), inhumé à Chambly le 9 mars 1753, âgé de 100 ans, et son épouse Marie-Anne Renaud (c1674–1749), inhumée à l’âge de 75 ans, seraient parmi les premiers occupants de l’Ile-aux-lièvres. Ce couple aurait obtenu une concession du seigneur Jean-Baptiste Boucher de Niverville le 30 juillet 1735 (Notaire De Blanzé).

 

Or, le bonhomme Berloton (ainsi nommé dans le registre paroissial) fait donation à Charles Ruette D’auteuil (1690-1755) devant le notaire de Blanzé, le 24 novembre 1739 de sa propriété. Et Charles D’auteuil s’en défait, le 17 août 1754, au bénéfice d’Antoine Grisé (c1727-1785), fils, négociant (plus tard notaire), époux de Françoise Marcoux.
 
Lisons l’acte de vente très instructif sur le développement de ce secteur de Chambly.

 

«Antoine Grisé achète une terre nommée “L’ile-aux-lièvres” sur le bord du bassin de Chambly, bornée d’un côté au chenal qui va à la Petite rivière de Montréal, bornée d’autre côté à la terre de Beauregard (François Davignon dit Beauregard (c1686–1761), qui va à la petite coulée, sur laquelle il y a une petite maison de pièces sur pièces où réside M. D’auteuil de 50 pieds de long par 25 de large avec portes, châssis et contrevents, et une deuxième maison, planchée haut et bas, deux ouvertures, châssis, une cheminée de pierre, et une troisième maison, une étable, une écurie et une bergerie dans le même bâtiment, contenant 70 pieds de longueur par vingt pieds de largeur, le tout couvert en croutes avec une soue de pièces sur pièces et une grange en poteaux de cèdre, couverte de paille à la poignée avec deux grandes portes de chaque côté et un guichet et un four accompagnant le dit bâtiment en pieux de cèdre et une glacière. La terre est garnie de ses clôtures en perches de cèdre et de tremble, les fossés faits et recalés.»
    
«Aussi une autre terre et concession de 85 arpents en superficie de forme triangulaire, bornée d’un côté à la Petite rivière de Montréal, d’autre côté à la terre du nommé Lachambre et d’autre côté à la terre de Bernard Letourneau, contenant 38 arpents.»

 

«Le vendeur livrera aussi à l’acquéreur une terre de quatre arpents de front par la profondeur joignant la ligne de Paul Laporte, bornée d’un côté au ruisseau “Catinne” (!), bornée devant au rapide, complantée en bois debout et hautes futaies...» (Notaire Joseph Lalanne, 17 août 1754).
 
À la lecture de ce texte, je note ces quatre éléments.


1) L’épouse de Charles D’auteuil se nomme Thérèse Catin. Le ruisseau Catinne serait-il une moquerie?

2) L’Ile-aux-lièvres désigne non pas l’actuelle Seigneurie de l’île-aux-Lièvres, mais l’île qui prendra le nom de l’ile Demers.

3) La maison de 50’ par 25’ est la plus grande de Chambly. La moyenne des dimensions était d’environ 30’ par 24’ à l’époque.

4) Il y a un groupe de bâtiments-bloc collés les uns sur les autres: Une maison, une étable, une écurie et une bergerie dans le même bâtiment. Aménagement architectural importé de France, disparu très tôt de nos organisations agricoles.
 
Quant à Pierre Berloton, voici son acte de sépulture au registre de la paroisse de Saint-Joseph-de-Chambly.

 

«L’an 1753, le 9e  jour de mars est décédé dans cette paroisse le bonhomme Berloton, âgé de 100 ans et plus de Longueuil. A déclaré lui-même avant sa mort (que) son corps repose dans le cimetière de cette Église, où il a été inhumé par nous prêtre, soussigné avec les bénédictions accoutumées. En présence du Sieur D’auteuil chez qui il demeurait, Joseph Dubuc, François Davignon et plusieurs autres qui ont assisté à ses funérailles. En foi de qui j’ai signé. Carpentier, prêtre.»
 
Paul-Henri Hudon

 

 

 

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