La petite histoire de la rue Ostiguy de Chambly PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 10 Mars 2018 00:00

 

topo ostiguyLa petite rue Ostiguy, au cœur du Vieux-Chambly, doit son existence et nom à la famille de Joseph Ostiguy, conseiller municipal et maire de Chambly-Bassin (1884-1889).

 

Joseph Ostiguy (1831-1893) est l’un des nombreux descendants de l’ancêtre Dominique Ostiguy dit Domingue. En 1860, Joseph épouse à Chambly Émilie Dignarda dit Saint-Germain. Le couple aura 13 enfants, dont 3 marcheront dans les traces du père et seront commerçants; trois autres deviendront  médecins. Parmi ces derniers, Charles-Éphrem Ostiguy sera médecin attitré au Séminaire de Valleyfield et deviendra maire de cette ville.
 
En 1862, le marchand Joseph Ostiguy achète un emplacement situé entre le bassin et la rue Bourgogne (lot 127 du cadastre de 1868), au cœur de Chambly. Il installe sur ce lot son magasin général et sa résidence dans un édifice en pierre à un étage; celui où se trouve aujourd’hui l’actuelle bibliothèque municipale. Sur ce même emplacement, s’élèvent également un immeuble où loge le Journal de Chambly, et une petite maison ancienne abritant le restaurant Bonthé Divine. La première centrale téléphonique de Chambly, installée dans une maison Ostiguy relève de l’initiative de cette famille.


Le 25 mai 1893, jour des funérailles de Joseph Ostiguy, un nombre impressionnant de personnes, venues d’aussi loin que Montréal ou Valleyfield, apposent leur signature sur le registre paroissial. Il est inhumé dans le cimetière paroissial où se trouve toujours le monument de sa famille.


En 1907, Ostiguy & Fils sont propriétaires du  lot 123, perpendiculaire au lot 127 (ce dernier lot est riverain du bassin). Les Ostiguy tracent un chemin privé pour subdiviser le lot. Le chemin est redressé en 1922 et devient un chemin public de la municipalité de Chambly-Bassin sous le nom de rue « Ostiguy ».
 
Une flèche de lard en guise d’écritoire!


En 1887, John Knox, un visiteur américain, s’arrête un jour au magasin de Joseph Ostiguy. Il raconte son expérience :


«Le télégraphiste est aussi le maître de poste tout en tenant le magasin du village. Il s’exprime aussi bien en français qu’en anglais, en vous vendant une cannette de poudre à pâte et un timbre-poste ou une bouteille de whisky et un rasoir. Si vous le désirez, il ajoutera une liasse de formules de télégramme à chaque article que vous achèterez. Un important arrivage de haricots verts et de manches de haches qu’il venait de recevoir encombrait le bureau du télégraphe, ainsi que la cour. Il s’excusa et me permit gentiment de m’asseoir sur un sac de farine et d’écrire mon télégramme sur une flèche de lard. Le bureau de poste était fermé mais, avec un tournevis, il força l’ouverture de la boîte quand je lui remis une lettre qu’il glissa à l’intérieur.» (Cet extrait est tiré de: John Armoy Knox, Croisière d’un Américain, Du lac Champlain à L’Acadie (été 1887), Collection V, Septentrion, Québec 2008).


Le toponyme Ostiguy est donc intimement relié à l’histoire du lieu d’où il tire toute sa signification.


Au Québec, la Commission de toponymie du Québec est l’organisme qui officialise les toponymes. Elle a produit un Guide destiné aux municipalités. Ce guide rappelle qu’une demande de changement de nom doit être motivée. La Commission favorise la stabilité, sauf si de bonnes raisons justifient un changement. La Commission encourage également les municipalités à se doter d’un comité de toponymie. Rappelons qu’à Chambly, le comité de toponymie qui existait depuis plusieurs décennies a été aboli en octobre dernier.


Louise Chevrier,
romancière et historienne

 

 

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