Recensements


Chambly

Recensement de 1681



Quand on corrige l'histoire
M. Albert J. Lebeau, un érudit d'histoire et passionné de généalogie, avait constaté, lors d'une visite au fort de Chambly, que le tableau énumérant la liste des habitants de Chambly en 1681 comportait des erreurs. En confrontant ces noms avec ceux relevés par le PRDH, avec les registres des paroisses et les actes des notaires et ses propres recherches, M Lebeau a sensibilisé la Société d'histoire de Chambly.

Une équipe du comité de généalogie de Chambly, animée par Armande Brooks, entreprend en 2002 de réexaminer ce tableau, reproduisant le recensement de 1681. Francine Blais, Jacqueline Charbonneau, Paul-Henri Hudon, Germain Laplante, Albert Lebeau, Hervé Maisonneuve, Francine Marcil et Lucien Royer se partagèrent la tâche. Chacun adoptant un ou plusieurs "ménages", a relevé les enfants, les dates d'état civil, a examiné l'orthographe et d'autres données.

Aujourd'hui, plusieurs renseignements sont rendus accessibles aux chercheurs; ils facilitent l'étude critique d'un document ancien. Ainsi les registres de paroisse, les actes des notaires, la compilation volumineuse faite par le PRDH. (Programme de recherche en démographie historique) de l'Université de Montréal, publiée en 49 volumes, contenant plusieurs millliers de pages, les dictionnaires publiés par les généalogistes précurseurs, l'abbé Cyprien Tanguay et Louis Jetté, pour ne nommer que les principaux, toutes ces nouvelles données donc permettent de confronter les relevés du recensement avec les actes de mariage, de baptême et de sépulture des registres. Ils permettaient aussi de préciser l'orthographe des noms, de connaître le nombre et l'âge des enfants, de déterminer le statut civil des recensés.

Les notaires, particulièrement Antoine Adhémar, ont enregistré les contrats de mariage, les concessions, les achats et ventes de terrains. Ils nous permettent d'identifier les colons établis à Chambly à diverses dates.

D'autres auteurs ont compilé les noms et l'histoire des soldats du Régiment de Carignan-Salières (Benjamin Sulte, Roy et Malchelosse). Aussi les Filles du Roy, ces orphelines envoyées dans les colonies, ont été l'objet de diverses études, particulière-ment celles de Silvio Dumas (1972), de Yves Landry (2001), sans oublier Gustave Lanctot. L'ensemble du recensement de 1681 fut publié par Benjamin Sulte, dans son Histoire des Canadiens français.

Dans les Cahiers de la Seigneurie de Chambly, Marcel Rivet (1979) avait publié une brève étude, légèrement corrigée du recensement de 1681. L'historien Mario Filion (1983) avait relevé les premiers censitaires et situé les premiers lots de terre à Chambly. Basée sur les concessions accordées par le seigneur en date des 14, 15 et 16 octobre 1673, devant le notaire Antoine Adhémar, son étude était assortie d'une carte situant ces terres. Plusieurs tableaux illustrent la répartition sur les "côtes" de ces premiers censitaires....Francine Noël (1986) s'était intéressée au peuplement de Chambly au XVIIe siècle.

Les recensements au Canada français ont cette réputation de manquer de fiabilité. L'historien André Vachon en avait fait le diagnostic.. Un fort pourcentage de personnes n'y seraient pas inscrits. Et le nombre d'erreurs de celles inscrites est souvent surprenant.

Par ailleurs, les registres de paroisses accusent aussi des faiblesses. Il manque des baptêmes, et particulièrement des sépultures. Des gens viennent, habitent, puis disparaissent sans qu'on sache leur destin. Émigrés ? Décédés ? C'est particulièrement le cas pour la région de Chambly entre les années 1685 à 1700.

Bref, l'équipe de chercheurs livre au public le portrait de famille en 1681. Paul-Henri Hudon, le responsable des Cahiers d'histoire de la seigneurie de Chambly, a jeté un coup d'oeil sur "l'avant" et "l'après" 1681 pour colorer les événements de cette époque et retracer le destin des habitants. L'équipe propose un tableau remanié du recensement qui se rapproche davantage de la réalité de 1681.



Le recensement de 1681 - document original
Le recensement de 1681 énumérait douze ménages ou groupes familiaux; cinq célibataires ou veufs. Un total de soixante-dix-huit personnes à Chambly. Plusieurs noms avaient des variantes graphiques. L'âge donné au recensement ne correspondait pas à l'inscription aux registres. Il manquait quelques noms d'enfants. Une personne en particulier, Paquette Charlot, présentait un problème d'identité, ne sachant s'il s'agit d'une femme ou d'un homme; et on avait confondu le sexe des personnes. Bref, à l'examen, ce recensement, tout officiel qu'il soit, comporte de multiples erreurs. Il recèle de plus des noms de personnages qui vont et viennent dans un vacuum d'informations. On a peine à les identifier. Cette liste de personnes, telle qu'affichée au fort de Chambly, est ainsi faite: (Voir Annexe)

NomÂge
Alexandre Petit60
Anne5
Anne LeSeigneur32
Bernard Denigé54
Charles Robert35
Charlotte5
Danielle13
Esprit Bernard39
Étienne2
Étienne Rimbault44
Étiennette4
Étiennette Lavelle32
Françoise10
Gédéon Petit22
Guillaume8
Jacquelin11
Jacques10
Jean5
Jean Besset39
Jean Dupuy37
Jean Pelladeau40
Jean Poirier34
Jean de Paris44
Jeanne6
Jeanne Barbier30
Jeanne Le Roy40
Jeanne Rimbault36
Julien9
Julien Pellevault40
Louis Berriault34
Louise11
Marguerite7
Marguerite Raisin30
Marguerite Roubier31
Marie2
Marie Langlois34
Marie Lelong33
Marie Vara28
Mathieu40
Mathurin Bernard37
Paquette Charlot54
Philippe4
Pierre2
Pierre Brault27
Pierre(domestique)30
René2
René Dumas30
René Poupart31
Robert8
Simon6

Le recensement au complet détaille aussi la quantité de "bêtes à cornes" par ferme (maximum de six), le nombre de fusils par unité de maison (jamais plus de deux) et les arpents de terre mis en valeur. Dans notre étude, nous nous en sommes tenus aux noms des personnes. Le présent document examine à la loupe les habitants de 1681, tels que donnés au recensement. C'est un portrait de famille. Mais nous avons voulu aussi, comme dans un film, regarder le va et vient des colons de la seigneurie de Saint-Louis entre 1665 et 1700. Depuis Jacques de Chambly jusqu'à François Hertel. Depuis la seigneurie qui se fonde sous de bonnes augures, jusqu'à l'avortement du rêve. Depuis le grand départ jusqu'au "second début".



Chambly, la plus jolie habitation de tout le pays (Frontenac)
Lorsque Jacques de Chambly vers 1668 décide de mettre en valeur un certain territoire sur le Richelieu, il assume des risques. Pendant cinq ans, on défriche, on laboure, on sème et des censitaires s'installent sur une simple promesse de concession. Chambly s'engage à fond, même s'il n'obtient ses titres qu'en octobre 1672 et qu'il n'établira officiellement ses colons qu'en octobre 1673 seulement.

Le seigneur du lieu débourse des sommes d'argent pour bâtir maisons, écuries, granges et moulins dans ce lieu isolé; pour s'assurer d'avoir des barques pour le transport; pour faire un premier arpentage, pour lotir ses terres; pour s'approvisionner en nourriture et moyens de chauffage l'hiver tant pour les humains que pour le bétail; pour se procurer des animaux, des outils et des instruments agricoles. Bref s'il veut intéresser et garder ses soldats-colons dans cet établissement en plein bois, le propriétaire doit y mettre du sien.

Plusieurs seigneurs, issus du régiment de Carignan, avaient commencé la mise en valeur de leurs domaines. Des candidats, comme le capitaine Pierre de Saurel, s'étaient aussi engagés dès 1667 dans de grands frais, mais sans voir venir leurs titres, écrit Marcel Trudel (page 115).

Marie de l'Incarnation s'enthousiasmait en 1670: Au fort de Chambly et à celui de Saurel, qui sont de fort honnêtes gens, on vit de ménage; on y trouve des boeufs, des vaches, de la volaille... Ils ont de beaux lacs poissonneux et la chasse abonde en tout temps. L'on fait des chemins pour communiquer d'un fort à l'autre, les officiers y ont de fortes belles habitations et avancent leurs affaires par leurs alliances avec les familles du pays... (Greer, p. 29).

Le père Lemercier notait qu'en 1667, les forts du Richelieu voient autour d'eux des campagnes défrichées couvertes de très beaux blés. Et c'est Chambly qui forme la plus jolie habitation, en 1672, selon Frontenac lui-même. (Frontenac était à Boucherville le 17 novembre 1673). Le seigneur dispose, en octobre 1673, d'un moulin à vent, -dont la tour est en pierre, en 1719- des granges, des terres labourables, trois paires de boeufs, deux vaches, un taureau, deux génisses, trois grands porcs et deux petits, dans le cheptel seigneurial (Pierre Duquet, 23-10-1673). Il a aussi une forge qu'il a confiée à Charles Paquet. Selon son biographe, Jacques de Chambly aurait reçu trois chevaux du gouverneur.

En plus des concessions de terres qu'il rend officielles en octobre 1673, Jacques de Chambly consent plusieurs créances à ses censitaires. Le notaire Antoine Adhémar vient au fort Saint-Louis pour enregistrer toutes ces transactions. Nous avons calculé qu'environ vingt-cinq colons lui devaient près de 3 000 livres en constituts et au delà de 1 380 livres en obligations.

Bref, il fallait croire en l'avenir ou à la parole donnée. Et Jacques de Chambly devait s'attendre à des retombées, à un retour sur l'investissement. Nous sommes dans l'ère des fondations neuves qui se nourrissent aux rêves de terres promises de tous les bâtisseurs de nouveau monde.



Établir un gouverneur à Chambly avec garnison (Frontenac)
Après le licenciement du régiment de Carignan-Salières, Jacques de Chambly demeure commandant au fort Saint-Louis. Au retour de son voyage en France, écrivait Talon, le sieur de Chambly a repris le poste de Saint-Louis qu'il occupait autrefois, où, sans abandonner le fort, il travaille de même que les autres à former une grande habitation. Talon en 1670 ajoute: M. Colbert m'a recommandé cet officier. Le gouverneur lui avait obtenu une gratification de 400 écus en 1667. Et nous pensons que Frontenac nourrissait de grandes ambitions pour M. de Chambly, pour sa seigneurie et pour toute la colonie.

Frontenac rêve d'installer à Chambly la goudronnerie royale en 1673. A Baie-Saint-Paul, il y a c'est vrai, beaucoup de pins dont on a déjà levé l'écorce à plusieurs, mais les tremble-terre y font tous les ans de si horribles dégats et les abords y sont si difficiles qu'on aurait bien mieux fait d'établir cette fabrique vers le fort de Chambly, où c'eut été bien plus aisé et qui abonde aussi en pinières... (Frontenac au ministre, 13 novembre 1673). Ce projet n'aboutira que dans les années 1720.

Or, le sieur de Chambly veut repasser en France pour ses affaires particulières en 1672. Je l'ai tant pressé, écrit Frontenac au roi de France, que je lui ai fait changer de dessein dans l'espérance que vous voudrez bien des prières que je vous ferais en sa faveur.

Frontenac écrivait à son ministre le 13 novembre 1673: J'avais donné à Jacques de Chambly le commandement dans toutes les habitations depuis la rivière du Loup à celle de Saint-François jusqu'à Long-Sault, à l'exception de l'île de Montréal qui a son gouvernement particulier, parce que je ne connaissais que lui capable d'arrêter les coureurs de bois que j'étais bien résolu d'exterminer avant même que d'avoir reçu la dernière ordonnance de Sa Majesté... Leur nombre augmente tous les jours par la retraite que leur donnent les gouvernements de Manhatte et d'Orange (RAPQ. 1926-1927, page 17).

Voici encore ce que le gouverneur avait écrit au sujet de Jacques de Chambly en s'adressant au ministre en France le 2 novembre 1672: Si vous nous faites la grâce de nous envoyer quelques unes des troupes, il y a ici un gentilhomme et un vieil officier très propre pour les commander et, qu'ayant déjà eu cet honneur, se trouverait bien mortifié si on le donnait à un autre. C'est M. de Chambly, qui doit être recommandable non seulement par les longs services qu'il a rendus, mais encore par le soin qu'il a pris d'accomoder l'habitation qu'on lui a donnée au fort Saint-Louis, qui est, à ce qu'on dit, la plus jolie habitation de tout le pays. Il est homme de mérite et d'entendement qui voulait repasser en France pour ses affaires particulières. Mais comme c'est ici la seule personne en qui je pourrais me confier, s'il arrivait quelque chose, je l'ai tant pressé que je l'ai fait changer de dessein... (RAPQ, 26-27, page 17).

Mais, rien n'y fait. Malgré les gratifications, les attributions et les promesses, Jacques de Chambly, nommé gouverneur de l'Acadie en mai 1673, quitte en octobre, après cinq ans de colonisation. Frontenac ne peut le retenir. Pourquoi quitte-t-il, quand tous ses compagnons d'armes, devenus seigneurs, les sieurs de Sorel, de Contrecoeur, de Saint-Ours et bien d'autres décident de rester ? Pour obéir aux ordres du roi ? Par dépit ? Déçu de la duplicité du gouverneur ? Pour des fonctions mieux rémunérées ? Lui aurait-on fait des promesses, comme celle que Frontenac fera à M. de Saint-Ours en 1681 ? Je supplie Sa Majesté, si elle juge à propos d'établir un gouverneur avec quelque garnison à Chambly de lui (Saint-Ours) en faire avoir le gouvernement. Il n'y aura pas de gouverneur à Chambly; ni de tel gouvernement confié à M. de Saint-Ours. Mais Frontenac a de la vision; il sait faire miroiter les avantages...ne serait-ce que pour retenir les meilleurs officiers. Le sieur de Saint-Ours achètera la seigneurie de Chambly en 1682, alors qu'il est pauvre arrivant à peine à faire vivre son propre domaine de Saint-Ours. Croyait-il forcer le destin ?

Le projet d'ériger Chambly en gouvernement autonome rebondira quelque fois dans l'histoire. Callière propose la nomination de Charles Piot de Langloiserie en 1700.Vaudreuil écrit en 1703: Nous vous proposons d'ériger en faveur de M. Daneau de Muy le poste de Chambly en gouvernement sous les ordres du gouverneur de Montréal... (RAPQ 1938-39, lettre du 15 septembre 1703 de M. de Vaudreuil au ministre, page 17). Les ministres en France s'intéressent un peu à ce projet entre 1705 et 1708, lorsque Levasseur de Néré, l'ingénieur du Roi, voulant créer son propre emploi de gouverneur, suggére au roi une véritable fortification du tout Chambly entouré d'un réseau de communication efficace. Mais l'intendant Raudot s'oppose au projet et, en 1709, le roi annonce un refus définitif.



Jacques de Chambly, officier plein d'intelligence et de capacité. (Frontenac)
Il est seigneur de Chambly officiellement le 29 octobre 1672, puis il obtient le commandement de l'Acadie en mai1673, avec le titre de gouverneur. Comme l'Acadie est en Nouvelle-France, cette promotion ne déplait pas à Frontenac qui avoue: Vous ne pouviez jamais mieux faire, Monseigneur, que de faire donner au sieur de Chambly le gouvernement de l'Acadie et d'en retirer le chevalier de Grandfontaine qui... ne se comportait pas comme il devait; il laissait dépérir sa garnison... Je suis persuadé que le sieur de Chambly n'en usera pas de même, étant un des meilleurs officiers que le roi ait peut-être dans ses troupes, ne trouvant jamais rien de difficile, plein d'intelligence et de capacité, et digne d'un plus grand emploi encore que celui de l'Acadie (13 novembre 1673). Le territoire de l'Acadie comme la vaste région sauvage de Chambly ont les mêmes positions, celles de protection, de rempart, de tampon contre les attaques ennemies.

Cependant en 1677 et en 1679, deux promotions successives dans les Antilles attirent de Frontenac une remarque lapidaire, où on sent un léger dépit: Sa Majesté a donné à Chambly un autre commandement dans les Îles....Il est envoyé à La Grenade; en 1680, il est gouverneur de la Martinique, où il serait décédé en 1687. Chambly sera mis en vente.



Vendre la maison de Chambly seigneurialle(notaire Bruneau, La Martinique, 1681)
C'est très commode que le seigneur du lieu soit en même temps le comman-dant du fort local. Il peut tout à la fois assurer la sécurité et l'approvisionnement. L'économie est double pour le roi qui n'a plus à débourser pour la solde des soldats, à entretenir une garnison, ni à défrayer des équipements. Chambly, comme Sorel, sont alors des villages-garnisons, ou des seigneuries militaires. A la moindre alerte, le paysan devient soldat. En temps de paix, il troque le fusil pour la charrue. Nous sommes dans des seigneuries civiles défrichées par des soldats démobilisés, ou dans un camp fortifié de soldats-paysans.

Sitôt nommé à l'Acadie, Jacques de Chambly vend sa seigneurie à un marchand bourgeois, Jean Deleau, sieur du Marterais, le 23 octobre 1673. Ne pouvant payer, Chambly donne mandat en mars 1681 à Aubert de la Chesnaye de vendre, engager, eschanger, allienner (sic) la maison de Chambly seigneurialle. Pierre de Saint-Ours s'en portera acquéreur en avril 1682. Lui non plus ne pourra la payer et il en perdra la possession.

Que se passe-t-il à Chambly avec ces nouveaux propriétaires ? Qui perçoit les rentes ? Qui gère le moulin ? Est-il arrivé d'autres colons ? Qui commande et qui entretient le fort ? Est-ce qu'on y maintient une garnison ? Les nouveaux seigneurs seront-ils aussi commandants ? Ou inversement le commandant aura-t-il autorité sur les colons ?

Nous savons que les conflits entre habitants sont soumis au sieur de Boyvinet, conseiller du roi et lieutenant général de la juridiction de Trois-Rivières. Ainsi en est-il le 16 juillet 1678 entre Gouyau, Raimbault, Bessette et Bariteau, qui règlent les comptes réciproques.



Les successeurs de Jacques de Chambly, commandants au fort
Nous manquons d'informations pour établir de façon sûre le rôle des remplaçants au fort. Il y aurait probablement eu une vacance de 1673 à 1679.

  • Louis Petit (1629-1709), ex capitaine du régiment de Carignan devenu prêtre en 1670, serait commandant au fort, de 1668 à 1670, pendant le voyage de Chambly en France. Il fera du ministère à Sorel en 1675 et 1676. Alors qu'il était vicaire général en Acadie après 1676, on a dit de lui: Il est tout anglais dans son esprit.
  • Pierre de Saint-Ours, sera commandant du fort de 1679 à 1686
  • François Lefèvre, sieur du Plessis, en 1687
  • Raymond Blaise des Bergères de Rigauville, de 1688 à 1696



Les successeurs de Jacques de Chambly, à la seigneurie
En quittant la Nouvelle-France, Jacques de Chambly confie la gestion de la seigneurie à Philippe Gouyau. Il s'agit ici de la ferme personnelle du seigneur, du moulin et des autres dépendances. Celui-ci doit répondre de son administration à des procureurs nommés par Jacques de Chambly.

  • Philippe Gouyau dit Verse-à-boire, sera agent du seigneur Jacques de Chambly du 17 octobre 1673 au 6 avril 1680. Il devait rendre compte aux sieurs Bazire et de la Chesnaye de sa gestion de la seigneurie. Ces deux procureurs étaient associés. Aubert de la Chesnaye avait affermé les droits de la Compagnie de la Ferme, qui détenait le monopole sur la fourrure. Gouyau doit percevoir les rentes, les dettes et s'occuper du moulin.
  • Jean Deleau du Marterais, sieur de Lamothe achète la seigneurie le 23 octobre 1673, au coût de 10 000 livres, payables par rentes constituées annuelles de 500 livres. Ce contrat a été passé en l'hôtel de M. le comte de Frontenac à Québec. En 1675, il avait abandonné la seigneurie. Acheter un immeuble à titre de constitution de rente fait du détenteur un simple possesseur. La propriété appartient toujours au vendeur, tant que la somme complète n'est pas remise. Jacques de Chambly était toujours propriétaire et pouvait donc bailler, donner ou vendre sa seigneurie. (Jean Deleau avait été mêlé à une affaire au cours de laquelle on avait tiré des coups de feu. Il abandonna la place: Sulte, Mélanges historiques, 1918, Vol 1, page 108)
  • Charles Bazire (1624-1677) est procureur de Jacques de Chambly. Le 16 novembre 1677, Bazire, procureur général de M. de Chambly, donne pouvoir à Philippe Gouyau de prendre soin du fief et seigneurie du sieur de Chambly, abandonné par M. de Lamotte et pour la faire valoir...
  • Charles Aubert de la Chesnaye (1632-1702) procureur de Jacques de Chambly. Il est directeur de la Compagnie des Indes occidentales. Il remplace Charles Bazire.
  • Marie-Françoise Thavenet reçoit la seigneurie de Chambly des mains de Jacques de Chambly le 20 mai 1679 (acte insinué le 11 juillet 1679 à Paris et le 25 novembre 1680 à Trois-Rivières), à cause de la bonne amitié qu'il lui portait, avec la réserve de l'usufruit seulement en cas que la dite demoiselle ne passe pas en Canada et sans réserve si elle y passe avant son décès (notaire De Lange, Paris). Cette cession prenait-elle effet à la date du contrat ou seulement après le décès du sieur de Chambly ? (Mémoires, 1996, p. 298)
  • Gédéon Petit, négociant calviniste, aurait baillé à ferme le 9 novembre 1679 (Becquet) tout ou partie de la seigneurie de 1679 à 1682. Il avait aussi acquis les droits de Jean Deleau dit Lamothe (Rageot, 16 avril 1682; les termes de ce bail sont inconnus; le contrat est introuvable au greffe de Becquet). Il serait décédéà la nouvelle Yorc en octobre 1688.
  • Pierre de Saint-Ours (1640-1724) achète la seigneurie le 16 avril 1682 (Rageot) des mains d'Aubert de la Chesnaye, procureur, au coût de 6 000 livres, payables à constitution de rentes, par versements de 300 livres annuelles, ensemble ce qui sera en la possession du sieur Gédéon Petit... (Mathieu Bruneau, notaire à La Martinique, 21 mars 1681). N'ayant pu acquitter le prix d'achat, il en sera dépossédé. Notons que la valeur marchande de la seigneurie à diminué de 40%, en neuf ans.
  • François Hertel de LaFresnière en prend possession définitive par une ordonnance du juge de Trois-Rivières le 29 janvier 1688 (ou 1698 selon un autre document), et suite à une procuration de sa belle-soeur, Marie-Françoise Thavenet le 9 juin 1692 (De Lange, Paris). Il en avait hérité par son épouse Marguerite-Joseph Thavenet, après le décès de leur mère, Élisabeth de Masselin (Concessions en fief, 28 septembre 1719; Foi et hommage, 20 juin 1721). François Hertel rendra foi et hommage le 11 octobre 1694 et le 19 mai 1701 (notaire Antoine Adhémar). (D'autres données précisent que François Hertel aurait fait la réclamation de la seigneurie à M. de Saint-Ours le 11 mars 1689. Puis il aurait obtenu de Frontenac un titre officiel le 1 mars 1695, lequel titre sera ratifié par Sa Majesté le 19 mai 1696).



Les premiers défricheurs
On ne possède pas de liste de pionniers à Chambly avant 1673, mais quelques personnes, lors de leur mariage, déclarent être de Chambly: Anne Seigneur et Jean Bessette s'unirent par mariage au fort de Chambly en juillet 1668. Michel Brouillet se serait marié à Chambly en 1670, ainsi que Julien Plumereau. En décembre 1670, le missionnaire DeCaumont vient baptiser Louise Péladeau à Chambly; sont présents outre les parents, Jacques de Chambly et Jeanne Barbier. Lorsque Jean de Paris épouse Marie Lefebvre en 1671, le marié se dit de Chambly. François Lefay est sergent au fort Saint-Louis en 1672. La plupart des concessionnaires de 1673 se disent déja habitants de Chambly, avant qu'ils reçoivent officiellement leur terre.

Jacques de Chambly accompagne quelques uns de ses censitaires à leur mariage à Québec et à Montréal: Jean Poirier en mars 1668; Julien Plumereau en novembre 1670; Aufray Coulon en octobre 1671; il est aussi présent à quelques baptêmes. Les registres des paroisses nous le montrent présent en Nouvelle-France entre juin 1667 et le 17 janvier 1673 (excepté son voyage en France de 1668 à 1670).

Octobre 1673 marque le début officiel de la colonisation du territoire de Chambly. A partir du 14 octobre de cette année-là, le seigneur Jacques de Chambly officialisait par une concession en bonne et due forme le don de parcelles de terre à une trentaine de colons (Voir la liste en annexe). D'autres personnes gravitent autour de Jacques de Chambly: Philippe Gouyau dit Verse-à-boire et Gilbert Guillemain dit Villers entre autres signent les obligations et les constituts de Jacques de Chambly en 1673. Ils ne semblent pas avoir reçu de concessions.

Il est certain que chacun de ces trente bénéficiaires avait abattu des grands pins et semé quelque blé bien avant leur concession. Question de prouver au seigneur leur désir de demeurer au pays. Or, au recensement de 1681, il ne reste plus que seize chefs de famille recensés à Chambly. Près de la moitié aurait quitté. Où sont-ils allés ?

Que sont devenus les Étienne Boucaud, Jean Brochelier, Michel Brouillet, Aufray Coulon, Pierre Courtois, Guillaume Crusy, Nicolas Dumois, Marcellin Duprez, Jean Lacombe, François Lefay, Pierre Lemesurier, Gilles Luton, Arnaud Piat et André Rollet (Roulet). Ces quatorze colons avaient obtenu des terres dans la seigneurie de Chambly en1673. Que sont-ils devenus ? Qu'est-il arrivé de leur terre ? Aurait-on négligé de les recenser ?



Huit concessionnaires ont quitté ou déguerpi
Huit concessionnaires sont décédés ou ont déguerpi avant le recensement (Déguerpir: abandonner la propriété d'un immeuble pour se soustraire à une servitude. Décamper, filer). On croit qu'ils ont pu quitter leur concession de terre. Ces censitaires sont ou bien décédés, ou se sont engagés dans la traite de fourrures, comme coureurs de bois. Aucun de ces huit apprentis-paysans ne figure au recensement de 1681 à Chambly. Nous n'avons aucun indice de leur présence ailleurs en Nouvelle-France.

  • BOUCAUD, Étienne. On ignore ce qu'il en est advenu. Les seules mentions du passage à Chambly de cet homme, qualifié de musnier, consistent en une reconnaissance de dette envers le seigneur Jacques de Chambly, et son contrat de concession d'une terre à Chambly chez le notaire Adhémar en octobre 1673.
  • BROCHELIER, Jean dit LaSollay, aurait aussi déguerpi. Aucune autre inscription que ce contrat de terre ne le concerne.
  • CRUSY (CROISY), Guillaume dit Le Lorrain. Sa concession d'une terre à Chambly, sa parution à un double baptême le 23 janvier 1674, et deux reconnaissances de dettes en 1672 et 1675, sont les rares indices aux archives de son passage à Chambly. (Baptêmes de Jeanne Brouillet et de Guillaume Poirier. Ces baptêmes ont été inscrits à Boucherville; toute l'assistance est formée de gens de Chambly). Il aurait aussi déguerpi.
  • DUMOIS (DUMOY), Nicolas, dit Boishulin. Était à Québec en 1664, à Chambly en 1673-1674. On le retrouve à Sorel en mai 1675. En 1678, il doit au seigneur Jacques de Chambly 247 livres. Il disparaît de Chambly par la suite. On ignore son destin.
  • DUPRÉ (DUPREZ), Marcellin. Il n'existe aux archives de ce Marcellin Dupré qu'une inscription comme parrain d'Anne Dumas à son baptême le 5 octobre 1676. Ce baptême est enregistré à Sorel. On perd sa trace par la suite. On ne fait plus mention en 1678 de sa dette contractée en 1673 de 250 livres envers Jacques de Chambly.
  • LEFAY (LAFAYE), François, avait épousé Geneviève Térillon dit Tessier à Québec le 4 octobre 1672. Il se disait sergent au fort Saint-Louis. Ce mariage aurait été annulé. Après l'obtention de sa concession de terre à Chambly en 1673, il déguerpit.
  • PIAT (PIART), Arnault (Regnault) dit Lafleur, a déguerpi ou est décédé. Aucune trace. Il avait une double dette envers le seigneur de Chambly de 90 livres. (Antoine Adhémar 19 juillet 1678, no 345). Arnaud Piat a abandonné sa terre depuis quatre ou cinq ans, écrit le notaire, par l'évasion qu'il a fait des sauvages en ce temps là aux hollandais (?). Sa terre fut vendue à Jean Bessette en juillet 1678, mais à un prix réduit, à cause qu'elle est pleine de fardoches, framboises et mauvaises herbes comme chiendent et avoine folle.
  • ROLLET (ROULET), André, a déguerpi. Une seule trace au registre de Notre-Dame-de-Québec en 1672.
A moins qu'ils soient décédés, ces hommes auraient donc délaissé leurs propriétés agricoles et aurait couru fortune ailleurs. Et où faisait-on fortune alors ? Dans la fourrure. C'est la prospérité dans la pelleterie. De grandes fortunes se font à cette époque sur le dos des castors. Les Leber, Perrot, Lemoyne, Aubert de la Chesnaye, et plusieurs autres, sont les nouveaux riches, les millionnaires de la fourrure. Même Frontenac et les intendants y vont de leurs négoces clandestins. Tous rêvent de l'Eldorado. On croit trouver le Pérou dans la forêt des Pays-d'en-Haut. Et la contrebande avec les Hollandais d'Albany est florissante.

Il faut un permis (congé) de traite ? N'importe. On part sans permission, les uns pour chercher des pelleteries dans les lieux les plus reculés du pays, les autres à les transporter à la Nouvelle-York, où elles se vendent dix francs la livre, tandis que la compagnie des fourrures ne les payait que cinquante-deux sous, écrit l'historien Ferland.



Courir le castor et courir le jupon
La grande ordonnance de 1673 avait stipulé ...Sa Majesté, étant informée que quelques habitants établis en ce pays, se rendent vagabonds dans les bois sous prétexte de chasse et de commerce de pelleteries avec les sauvages, ce qui étant entièrement contraire à l'établissement de la colonie de ce dit pays, sa dite Majesté a fait très expresses inhibitions et défenses à tous Français de ce dit pays, domiciliés ou non domiciliés, de sortir ni abandonner leurs maisons et vaquer dans le bois plus de vingt-quatre heures sans la permission expresse du gouverneur et lieutenant-général de ce pays, à peine de la vie... Justement, sous peine de mort, beaucoup qui ont quitté, n'osent plus rentrer. En plus du défrichement plutôt rude, l'agriculture pour ces militaires sans expérience agricole est manifestement rébarbative. Mais il n'y avait pas que le castor qui attirait les jeunes mâles vers les Pays-d'en-Haut. La Nouvelle-France était en déficit d'éléments féminins. Il manque des épouses à ces soldats démobilisés, qui vieillissent. Il y a 5 375 hommes contre 4 302 femmes en 1681 dans la colonie. Même l'avenir s'annonce déficitaire: on recense 3 835 enfants mâles non mariés et 2 783 jeunes filles non mariées. Il manque déjà 1 000 femmes et la relève nécessiterait 1 000 demoiselles supplémentaires.

A Chambly, on dénombre 46 hommes contre 32 femmes. A Boucherville, 102 hommes contre 77 femmes. Les veuves avec dot trouvent vite preneur. Marguerite Viard est rapidement courtisé par trois maris successifs. Charles Robert de Chambly est parvenu à trente-six ans d'âge quand il prend une épouse de quatorze ans, en 1681. A Contrecoeur, en 1682, Jean Faiolle a quarante ans, son épouse Marie Paviot, treize ans; Nicolas Bonin, trente ans et son épouse, Marie Hémerie, treize ans. Ces hommes vieillissants épousent des enfants ! Par ailleurs, la réputation d'hospitalité des indiennes a fait son chemin. Depuis Ulysse, le chant des sirènes n'a pas cessé d'appeler des joyeux rameurs a faire de beaux voyages ! En dépit des ordonnances, le nombre de coureurs de bois augmente. L'intendant qui était responsable au roi de l'augmentation annuelle des arpents défrichés et cultivés, voulait supprimer la course dans les bois et ramener les coureurs à la culture. L'automne de 1680, l'intendant Duchesneau écrivait au ministre, que huit cents hommes avaient de cette façon déserté la colonie...Huit cents terres restées en friche... Les faiseurs d'argent trouvaient commode de dépeupler nos jeunes paroisses et d'arrêter l'élan de la colonisation, notait Benajmin Sulte. (Sulte, Histoire des Canadiens français, tome 5, pages 51, 52). Frontenac favorisait la liberté de la traite; ce que justement l'intendant Duchesneau réprimait, pendant que l'évêque pestait contre la vente d'eau de vie et le libertinage chez les indiens. En août 1681, l'amnistie royale en faveur des coureurs de bois parvint dans la colonie. Les trappeurs pourraient revenir. Mais on se dispute sur l'opportunité de la leur faire savoir ou non. Le gouverneur s'y refusait. C'était la confusion administrative en Nouvelle-France. Frontenac et Duchesneau seront rappelés en France en 1682. C'est cet intendant Duchesneau qui avait ordonné le recensement en 1680, dont les relevés furent faits en 1681.



Six concessionnaires ont déménagé avant le recensement

  • BROUILLET, Michel dit Laviolette, farinier, avait épousé Marie Dubois le 3 novembre 1670 à Chambly. Il demeurera à Chambly jusque vers 1679. On le retrouve ensuite à Sorel, où il est recensé en 1681, puis à Pointe-aux-Trembles, où il est meunier en 1689.
  • COULON, Aufray, dit Mabrian, avait épousé Françoise Tierce à Québec en 1671. Ce couple a eu deux enfants. Aufray Coulon décédera le 30 mars 1677 (à Chambly ?). Son acte d'inhumation se trouve à Sorel. Sa veuve épousera Pierre Guignard, puis cette famille émigrera dans la région de Lavaltrie, puis Québec, où elle est recensée en 1681.
  • COURTOIS, Pierre dit Bonhumeur est recensé à Sorel en 1681. Célibataire, domestique pour le sieur Pierre de Sorel, il a alors 38 ans. Il a été inhumé au même endroit, âgé de 70 ans, le 3 février 1715.
  • LACOMBE, Jean, époux de Charlotte Millet, s'installe définitivement à Pointe-aux-Trembles, où il est recensé en 1681, âgé de 33 ans. Ce couple aura douze enfants.
  • LEMESURIER, Pierre, célibataire. On le retrouve en 1681 dans les Pays-d'en-Haut. Il était domestique des Jésuites, à la mission des Iroquois. On lui donne 37 ans, lors du recensement. Après cette date, on le perd de vue.
  • LUTON, Gilles dit Bonvouloir, qui jouissait de la confiance du seigneur Jacques de Chambly, est resté célibataire. Il ne figure pas au recensement de 1681, mais on le trouve à Pointe-aux-Trembles à partir de 1687. Il est ensuite embauché comme domestique au Séminaire de Montréal vers 1700. Il décèdera à Montréal, le 6 octobre 1723, âgé de 95 ans.



D'autres habitants à Chambly
D'autres habitants à Chambly entre 1671 et 1678 Sans qu'on leur connaisse de concessions de terre, ces personnes demeurent dans la région de Chambly. Sauf Mathurin Drouet qui s'installe avec sa famille à Chambly, les autres disparaissent, sans laisser de trace.

  • BRUCY, Christophe dit Lafrance, devait au seigneur 264 livres tournois, en 1673.
  • DAUVERNIER, Louis, dit Lorange, avait acquis de Jacques de Chambly des fournitures pour 50 livres.
  • DROUET, Mathurin, dit Grandmaison, en septembre 1672 à Chambly, reconnaît avoir une dette envers Guillaume Crusy dit Le Lorrain.
  • DUBUISSON, Jean-Baptiste. Il doit au seigneur de Chambly 190 livres tournois pour des marchandises fournies en 1673 et non encore payées en 1678.
  • DUPUY, Pierre dit Lamontagne est emprisonné pour discours séditieux de lèse-majesté prononcés devant Jacques de Chambly, en février 1671. On lui avait interdit l'entrée du fort. En colère, il avait crié qu'il n'y avait pas de Dieu; que Dieu n'était pas juste; que les Anglais avaient bien tué leur roi et qu'il n'en avait rien été; que le sieur de Chambly n'était pas roi. Outre la prison, il sera condamné à être appliqué au carcan et aura une fleur de lys imprimée avec le fer chaud sur une de ses joues. (Jugements et délibérations du Conseil souverain, vol I, p. 644 et 702)
  • FAUGENET, Guillaume, expulsé de Chambly pour vol chez le seigneur et condamné en 1672. Lui aussi subit une lourde condamnation; il sera appliqué au carcan pendant une heure et sera banni de l'étendue du fort de Saint-Louis avec défense de s'en approcher plus près de vingt lieues (environ 100 kilomêtres), en plus de perdre ses gages et vingt livres d'amende à prendre sur le prix de son habitation.
  • GOUYAU, Philippe, dit Verse-à-boire, agent pour Jacques de Chambly de 1673 à 1680. On ne le retrouve pas au recensement de 1681. Il avait épousé à Québec (Becquet) Catherine Auger le 14 octobre 1671; mais ce mariage avait été annulé.
  • GUILLEMAIN, Gilbert, dit Villers, payait au seigneur une rente annuelle de 10 livres pour un capital dû de 200 livres.



La seigneurie de Sorel et les barons de la fourrure
Si la course des bois attire les "jeunesses" du pays, les régions de Sorel et Boucherville semblent aussi ravir les colons ambitieux de Chambly. La sécurité d'un fort et des secours à proximité attirent les ermites du lointain Chambly.

Trois célibataires, une veuve et deux familles abandonnent les rives du bassin. Comment expliquer le peu d'intérêt pour le Bassin ? Chambly est dans le bois. C'est loin comme l'actuelle Gaspésie. C'est l'arrière-pays, le fond de cour de la colonie. C'est la frontière, l'ultime poste avant les villes de la Nouvelle-Angleterre. On manque de tout. Il faut au moins deux jours de navigation pour remonter de Sorel à Chambly; et une autre journée pour atteindre soit Montréal, soit Québec. Quant au chemin qui conduit à Longueuil, il est bourbeux, marécageux, parsemé d'étangs et de ruisseaux comme autant d'obstacles pour des voitures.

Par contre, Sorel, c'est la seigneurie prospère, plus même que Boucherville. En 1668, trois ans après son arrivée à l'embouchure du Richelieu, Saurel s'était fait construire un manoir sur ses terres... Bientôt, des étables, un moulin en pierre et une chapelle sont venus s'ajouter à l'ensemble des bâtiments à l'intérieur du fort de Saurel (Greer, p. 28). En 1681, le recensement affiche un développement du domaine qui fait envie: Pierre de Saurel, seigneur, 53 ans; Catherine Legardeur, sa femme 32 ans; domestiques, Gilles Daniou, Pierre Courtois. Il possède 4 fusils, 43 bêtes à cornes, 62 moutons, 18 chèvres; 150 arpents en valeur. Le personnel agricole est important: Nicolas Legari, Jean de Lisle, François Boutrou, Pierre Cansel, Jacques Piot. On y trouve le plus gros cheptel de la région. Imaginons la quantité de fourrage nécessaire l'hiver pour nourrir ces animaux. Il faut de vastes terres pour fournir le foin, pour le pâturage, à coté des champs de blé. Cette ferme dépasse celle du sieur de Boucherville qui n'a que 30 bêtes à cornes et 100 arpents en valeur; celle de M. de Contrecoeur, 20 bêtes à cornes et 80 arpents. Sorel a 118 habitants. Bref, il y a une moyenne de quinze arpents défrichés par ménage à Sorel contre moins de huit à Chambly (L'intendant Duchesnau était à Sorel le 6 janvier 1677).

Boucherville est plus près des réseaux de transport, de la ville et des opportunités. Le missionnaire y a pied à terre. Il connaît les filles à marier. C'est à Sorel qu'on s'engage pour les Pays-d'en-Haut. Le seigneur Saurel lui-même expédiait cinq canots et dix hommes en traite dans les bois pour son propre bénéfice en 1681. En 1682, Saurel entre en association avec les barons de la fourrure, Radisson, Aubert de la Chesnaye et d'autres.

A Longueuil, Charles Lemoine, annobli en 1668, le plus riche habitant de la colonie d'alors, est aussi activement engagé dans la pelleterie. Pierre Boucher à Boucherville.

Ces modèles de réussite commerciale ne sont pas sans attirer des émules. Qu'est-ce que Chambly pouvait offrir d'aventure, si ce n'est vers le territoire iroquois du lac Champlain ? Ce trafic était au risque et péril de leurs auteurs, qu'on pouvait toujours accuser de trafic illégal avec les Hollandais.



La date
Qu'est devenue la trentaine de censitaires et colons établis à Chambly en 1673? Quand et par qui fut fait le recensement de 1681 ?
Le recensement aurait eu lieu, croyons-nous, entre mai et juillet 1681. Mais, si l'on conjugue certains faits, comme les nouveaux-nés enregistrés ou non (Marie Baritaut, 1 an, baptisée le 21 avril 1681, est recensée. Mais Marguerite Poirier, née le 31 mai 1681, n'est pas recensée. Jeanne Bau, née le 13 août 1681, baptisée le 2 décembre 1681, n'est pas recensée), on s'aperçoit que la date devient mobile et impossible à fixer. De plus, le recenseur n'indique pour l'âge que les années complètes. Ainsi un bébé de six mois ou moins est déclaré avoir un an. Le manque de rigueur n'aide pas l'historien à préciser la date exacte. Par ailleurs, trois nouveaux mariés dont les unions avaient été officialisées avant le recensement ne sont pas recensés. Ce sont Marie Gendron, François Ablin (Blain) et Marie Leber. Cet oubli pourrait faire croire que le recensement avait eu lieu en automne 1680. Le recensement, tel que précisé au texte, a été arrêté à Québec le 14 novembre 1681, par nous Intendant de la Nouvelle-France, DuChesneau. Bref, il apparaît que le grand nombre d'erreurs et d'omissions empêche de déterminer une date précise.



Le recenseur
Nous croyons que ce fut le missionnaire Benoit Duplein. Le seigneur est absent. Il est peu probable que le bailleur de la seigneurie, Gédéon Petit, se soit chargé de cette besogne. Comment le recenseur a-t-il fait ses relevés ? De mémoire ? Ou par visite à domicile ?
Benoit Duplein (c1639-1689), arrivé de France en 1671, avait été curé à Sainte-Famille, Île d'Orléans de 1671 à 1676. On le trouve ensuite curé à Sorel en été 1676, où il reste jusqu'en 1678. En 1679 et 1680, il est cependant absent, ainsi que son confrère Decaumont, curé de Boucherville. En janvier 1681, il est à Contrecoeur qu'il administre de 1681 à 1685. Duplein donne aussi du service à Chambly de 1676 à 1685. Il sera inhumé à Montréal, âgé de 50 ans, le 4 octobre 1689. C'est un prêtre séculier; qui fut agrégé chanoine en 1685. Avant lui, le missionnaire Pierre DeCaumont (1641-1694) desservait Boucherville, et se rendait à Chambly baptiser, marier et inhumer les fidèles. L'abbé Pierre DeCaumont se disait missionnaire de Boucherville et lieux environnants.
Tous les missionnaires, Hugues Pommier, Benoit Duplein, Pierre DeCaumont, Buisson et Pierre Sennemaud écrivaient leurs actes sur une feuille mobile qu'ils reportaient ensuite au registre de leur paroisse d'office. On trouve les premières citations des habitants de Chambly à Boucherville à partir du 21 décembre 1670: Jean Péladeau, Jacques de Chambly et Jeanne Barbier y figurent. On trouve ensuite des inscriptions à Sorel à partir de 1672, à Contrecoeur de 1681 à 1685. C'est le missionnaire qui se déplaçait, et non l'habitant. Ainsi une parution dans le registre de Contrecoeur d'un résident de Chambly n'implique pas qu'il réside à Contrecoeur.



Les erreurs relevées sur le tableau du fort
L'historien Benjamin Sulte (1882), les démographes de l'Université de Montréal (PRDH, 1980) énumèrent les recensés de Chambly en1681 de façon à peu près identique. Les généalogistes Cyprien Tanguay (1911), René Jetté (1983) et Marcel Rivet (Chambly, 1979) se sont aussi inspirés du document officiel et ont rapporté les noms et chiffres tels quels, en corrigeant quelque peu l'orthographe. Il fallait qu'une équipe de généalogistes (2002) examine à la loupe ce document pour découvrir l'ampleur des erreurs qu'il recèle. Il y a des erreurs:
1-Sur le nom, sur l'orthographe des noms; il y a disparité entre le nom officiel inscrit à l'acte de baptème et le nom usuel.
2-Sur le sexe, particulièrement des enfants.
3-Sur l'âge des recensés, surtout les enfants.
4-Sur le nombre d'enfants dans la famille.
5-Il y a oubli, omission ou ajout de certains noms.
6-L'état civil, n'est pas à date.
7-Il manque le métier.



L'orthographe des noms de famille
Quelle orthographe adopter pour un tel nom de famille ? Doit-on écrire, par exemple: Besnard (en vieux français), Bénard (en français moderne), ou encore Benar, Bennard, Benart, Bennart, Besnart, Bernard...? On a trouvé huit variantes de ce nom.
L'orthographe de quelques noms a été passablement atrophiée par le recenseur. Les registres de paroisses, les actes de notaires et autres documents de l'époque écrivent le même nom de plusieurs façons différentes. Les auteurs de l'étude proposent une graphie officielle des noms de famille. Ils ont conservé, en s'inspirant de la graphie du PRDH, le nom qui paraissait le plus près de l'usage contemporain.

Nous suggèrons ici les noms officiels suivants:

Esprit Bernard: le prénom Esprit serait un sobriquet, selon un chercheur de la Société d'histoire. Pourtant ce prénom, quoique rare, existait à l'époque. Pierre-Esprit Radisson le portait. Nous le maintenons, ainsi que le nom Bernard .

Mathurin Bernard devient Mathurin Besnard; Marguerite Viart est dit Bourbier plutôt que Roubier

Jean Besset devient Jean Bessette; Anne Le Seigneur serait Anne Seigneur.

Louis Berriault se transforme en Louis Bariteau;

Pierre Brault est en réalité Jean Bau (LeBeau); Étiennette Lavelle est Étiennette Loret.

Paquette Charlot serait en réalité Charles Paquet, soldat.

Bernard Denigé s'écrira simplement Bernard Deniger;

Julien Pellevault (Pillerault) n'existe pas; c'est est en réalité Julien Plumereau;

Jeanne Rimbault pourrait s'écrire Raimbault.

Jean Pelladeau , perd un "L"; il acquiert un accent aigu et devient Péladeau.

Jean Dupuy adopte la graphie moderne Dupuis.

Seuls les noms des familles Poirier, Dumas, Petit, Poupart, Robert ne sont pas transformés par le recenseur et les généalogistes.



Les surnoms
Clarifions d'abord les problèmes de surnoms. Un surnom donné à un individu permet de le "catégoriser", de mieux l'identifier parmi des gens qui portent le même patronyme. Ainsi dans la famille Besnard, il y a des Besnard dit Carignan, Besnard dit La Chaussée, Besnard dit La Jeunesse, Besnard dit Bourjoli et Besnard dit Saint-Laurent. Celui de Chambly est un Lajeunesse. Nous n'utiliserons dans ce texte que les noms de famille en négligeant les surnoms. Les "dits" de famille. Ces surnoms acquis dans l'armée ont parfois perduré jusqu'à nos jours. D'autres ont disparu avec le porteur. Les recensés de Chambly portaient les surnoms suivants: Bariteau dit Lamarche, Beau dit l'Alouette, Besnard dit Lajeunesse, Bessette dit Brisetout, Deniger dit Sansoucy, Dumas dit Rencontre, Dupuy dit La Grange, Paquet dit Le Picard, Paris dit Champagne, Péladeau dit Saint-Jean, Plumereau dit Latreille, Poirier dit Lajeunesse, Poupart dit Lafleur, Robert dit Deslauriers, Viart dit Bourbier.



Le sexe des personnes

  • Au recensement, pour la famille Poirier on donne trois filles dont Danielle, et deux garçons. Or Daniel Poirier, 13 ans, est un garçon, tel qu'en fait foi la liste des confirmés de Chambly le 11 juin 1681.
  • Dans la famille Bessette, Jacquelin Bessette, 11 ans, est en fait une fille, baptisée Jacqueline-Marguerite, le 18 février 1671, confirmée à l'âge de 10 ans, le 11 juin 1681 à Chambly.
  • Dans la famille Péladeau, Robert, 8 ans, serait Roberte Péladeau, 8 ans, une fille.
  • Étiennette Brault, 4 ans, serait le garçon Louis Bau (Lebeau), 4 ans.
  • Philippe Plumereau, considéré comme un garçon de 4 ans au recensement, serait Philippe-Louise Plumereau (en 1703), fille, née à Sorel le 8 mai 1678; elle a 3 ans.
  • L'individu nommé Paquette Charlot, 54 ans, est répertorié par le PRDH et par le généalogiste René Jetté comme étant une femme. Il ne faut pas la confondre avec Charlotte Pecquet qui a résidé à Varennes. L'historien Mario Filion le reconnait comme un homme, Charles Paquet, détenteur d'une concession à Chambly, voisine de celle de René Dumas. Jacques de Chambly avait confié en 1673 à Charles Paquet la garde de ses biens personnels, animaux, outils et meubles. C'est un veuf sans enfants ou célibataire. Nous n'avons aucune autre information sur ce Charles Paquet. On ignore la date et le lieu de son décès.



L'âge des personnes

  • René Beau (Lebeau), 9 ans au recensement, né en février 1673 aurait 8 ans tel que donné à sa confirmation en juin 1681.
  • Sur le tableau du fort,Pierre Denigé aurait 4 ans; en fait il a 2 ans seulement.
  • Dans le ménage Petit,Jean Petit a 23 ans au recensement, mais 25 au PRDH.
  • Dans la famille Rimbault,Jean Rimbault, 3 ans, aurait en réalité 5 ans.
  • Chez les Deniger, Marguerite, 4 ans, aurait en réalité 6 ans; Marie par contre aurait 7 ans; Pierre, né le 17 octobre 1677, aurait presque 4 ans.
  • Chez les Plumereau,Margueriteaurait 8 ans et non pas 9, étant baptisée le 23 avril 1673. Jacques a 7 ans à sa confirmation; le recensement lui donne 10 ans. Marie-Madeleine aurait 4 et non 5 ans, étant baptisée le 15 février 1677 à Sorel.


Le nombre d'enfants dans la famille

  • Chez les Dumas, le recenseur nommait trois enfants de 7, 5 et 2 ans. Il aurait dû en compter cinq, et ajouter Jeanne Dumas, 2 ans, baptisée en 1679 et Louise Dumas, d'environ 6 mois, baptisée le 12 décembre 1680.
  • Dans la famille Bariteau, le recensement nomme quatre enfants; alors que les actes de baptèmes n'en relèvent que trois. Marguerite, 7 ans, n'a ni acte de naissance, ni décès. Elle est cependant dans la liste des confirmés de Chambly en juin 1681.
  • Dans la famille Plumereau, le recenseur énumère sept enfants de 10 à 2 ans; or, les actes de baptême n'en retracent que cinq; de plus les noms et les âges ne correspondent pas. Marguerite et Jacques, 8 et 7 ans, sont sur la liste des confirmés.
  • La famille Rimbault, aurait quatre enfants. Les actes de l'état civil ne contiennent que le baptême de Jeanne en 1675 et le décès de Jean en 1749. Aucune trace d'Étienne.



Le nom officiel ou le nom usuel
Le nom officiel est celui inscrit au registre de baptême. Le nom usuel est celui porté par les parents et plus tard l'enfant dans la famille et la société; c'est le nom qu'il utilise à son mariage


  • Françoise Dumas, née le 27 janvier 1673, est devenue Marie, 7 ans, au recensement de Chambly et Marie, 8 ans, au recensement de La Prairie. Elle avait été baptisée le 5 février 1673 le même jour que René Lebeau. Ces baptêmes sont inscrits à Boucherville.
  • Marguerite Bernard au tableau, a été baptisée sous le nom de Marie Benard, et inscrite le 10 mai 1678 à Saint-Pierre-de-Sorel. Une autre Marguerite Bénart sera baptisée après le recensement, soit le 20 octobre 1682, et inscrite à Contrecoeur.
  • Mathurin Bernard au tableau serait René Benard, dont on ne retrouve pas l'acte de baptême, mais qui se marie à 28 (?) ans le 28 juillet 1710 à Montréal. Mathurin-René pourrait être la même personne portant ce double prénom.
  • La liste de sept enfants de Julien Plumereaucomporte plusieurs inexactitudes. Plusieurs noms inscrits au baptême, à Sorel, ne correspondent pas à ceux du recenseur, ni à l'âge donné. Marguerite-Nicole Plumereau, née le 23 avril 1673 a donc 8 ans au recensement. Marie-Madeleine, née le 15 février 1677, a 4 ans en 1681. Une Louise Plumereau, aussi appelée Philippe-Louise et Marie-Louise, est baptisée le 8 mai 1678 à Sorel. Au recensement elle porterait le nom de Philippe, mais n'aurait que 3 ans.



Les oublis, les omissions, les ajouts de certains noms

  • L'épouse de René Poupart, Marie Gendron , n'est pas recensée ni à Chambly, ni à Longueuil. Ils étaient mariés depuis le 6 avril 1679. Le mariage est inscrit à Boucherville. La famille Gendron est recensée à Longueuil, mais Marie n'y paraît pas.

  • L'épouse de Charles Robert, Marie Leber , n'est recensée ni à Chambly, ni à La Prairie. Ils s'étaient épousés le 9 janvier 1681; leur mariage est inscrit à Contrecoeur. Marie Leber est la fille de Jean Leber et de Jeanne Tétard qui, eux, sont inscrits au recensement de La Prairie.

  • On a recensé un mort, Julien Plumereau. Par contre on a oublié de recenser le second mari de Jeanne Barbier, veuve de Julien Plumereau.François Ablin, 36 ans, résident de Chambly, avait convolé à Contrecoeur, le 7 janvier 1681, avec Jeanne Barbier, mère de six enfants. Ablin avait une terre à Chambly depuis 1673.
    Marguerite Poirier , née le 31 mai 1681, baptisée le 10 juin 1681, n'est pas recensée. Ce baptême est enregistré à Contrecoeur. Elle est peut-être décédée.

  • Jeanne Beau (Lebeau), née le 13 août et baptisée le 2 décembre 1681 dans la chapelle du fort Saint-Louis à Chambly, n'est pas recensée. Probablement née après le passage du recenseur.
  • Dans le groupe Petit, deux personnes sont nommées Petit, Alexandre et Gédéon; un domestique, prénommé Pierre. Jean etMathieu sont anonymes. Le recenseur a négligé de mentionner leur nom de famille. Jean et Mathieu pourraient être des Petit, mais issus d'un autre famille Petit.

  • Dans la famille de Julien Plumereau , le recenseur énumère sept enfants. Les extraits baptistaires n'en reconnaissent que cinq. Marie et Pierre Plumereau, ou bien n'ont pas été inscrits dans les registres, ou bien il s'agit d'une erreur. De surcroit, les âges ne correspondent pas aux dates de naissance. Une fille, baptisée Louise en 1678, est devenue un garçon appelé Philippe, au recensement de 1681.

  • Dans la famille de René Dumas dit Rencontre, il manque deux enfants: Jeanne Dumas, baptisée le 12 mars 1679; et Louise Dumas, baptisée le 12 décembre 1680. Ces deux filles se marieront à Montréal en 1698 et 1699. De plus, cette famille Dumas est aussi recensée à La Prairie. Là, le recenseur leur atttribue quatre filles, dont Jeanne 5 ans et Louise 1 an; par contre les âges ne correspondent pas à ceux de Chambly, et l'enfant René est disparu de la liste. Or René Dumas, fils, avait été baptisé le 8 février 1675 à Boucherville et sera inhumé à Montréal, sous le nom de René Rencontre, âgé de 50 ans, le 20 septembre 1725.

  • Toute une famille, formée de Mathurin Drouet (Droit) dit Grandmaison, de Marie Bardou (Bardeau), son épouse et de leurs enfants, Thérèse, Pierre, Nicole et Jeanne (jumelles), Madeleine et Marie, habite aussi Chambly depuis 1673 et ne fut pas recensée en 1681. Une enfant est née à Chambly le 17 janvier 1681; elle sera baptisée du nom de Marie, le 21 avril, le même jour que Marie Bariteau. Les deux baptêmes furent enregistrés à Contrecoeur. Mais, alors que Marie Bariteau est recensée à Chambly en 1681, aucune personne de la famille Drouet n'est recensée. Mathurin Drouet, son fils Pierre "Droit", 9 ans, et sa fille Thérèse "Droit", 11 ans, sont cependant dans la liste des confirmés à Chambly en juin1681.Cette famille Drouet de Chambly fera baptiser en 1683, 1685 et 1686 trois autres enfants.

  • Enfin la liste des confirmés à Saint-Joseph-de-Chambly, le 11 juin 1681, comporte des noms d'enfants non recensés. Il s'agit deJacques Rajubeau , 10 ans (il peut s'agir ici de Jacques Rimbault); Pierre Bourassa, 12 ans; Julien Bartran , 7 ans; etMarguerite Loison , 9 ans. Où sont les parents de ces enfants ? Pourquoi le recenseur ne les a-t-il pas relevés ?

Le recenseur a donc oublié cinq personnes facilement identifiables non recensées ailleurs (deux épouses et trois enfants; nous excluons Jeanne Lebeau qui serait née après le passage du recenseur), plus une famille complète de huit personnes connues. Ce qui porterait le total des habitants de Chambly de 78 à 91 en juillet 1681.



L'état civil et les métiers

  • René Poupart est recensé seul, comme un célibataire. Or, il était marié depuis le 6 avril 1679 à Marie Gendron. Mariage célébré à Boucherville. Son épouse accouchera d'un premier enfant baptisé René Poupart, enregistré à Contrecoeur, le 25 avril 1682.
  • Charles Robert, 36 ans, aussi est considéré comme célibataire au recensement. Pourtant il avait épousé Marie Leber, âgée de 14 ans, le 9 janvier 1681.
  • Julien Plumereau est décédé depuis quelques mois. Le recensement laisse croire qu'il est vivant. La veuve de Julien Plumereau, Jeanne Barbier, avait épousé François Ablin, le 7 janvier 1681. Ablin avait obtenu une concession à Chambly le 16 octobre 1673. Les mariages de Robert-Leber et Ablin-Barbier ont dû être célébrés à Chambly; ils sont inscrits au registre de Contrecoeur. A la place de Julien Plumereau, nous aurions dû voir François Ablin.
Au recensement de Chambly, on ne connait que deux métiers pour 17 ménages. Jean Péladeau est un charpentier; et les Petit ont un domestique du nom de Pierre. A Sorel, le recenseur identifiait 13 métiers pour 27 chefs de famille.



D'autres habitants possibles à Chambly en 1681

  • Philippe Gouyau dit Verse-à-boire, agent de Jacques de Chambly de 1673 à 1680.
  • Amador Faupié, à Contrecoeur en 1682 il se dit de Chambly.
  • Eustache Lambert-Dumont et Safia Vannerq (Vanneck). Ce couple se marie le 31 janvier 1682 probablement à Chambly. L'acte de mariage est inscrit à Contrecoeur par le missionnaire Benoit Duplein. On trouve présents à cette noce Jean Péladeau, Étienne Rimbeau, Louis Bariteau, tous habitants connus de Chambly et Amador Faupié aussi de Chambly. L'épouse, dans sa grossesse avancée -elle accouchera 33 jours plus tard, le 3 mars 1682, d'une fille nommée Marie, baptisée à Chambly le 26 avril 1682- l'épouse donc se nomme Safia Vanec (Vannerq). Elle est originaire des Antilles, veuve de Édouard Scott. Ces deux personnes n'ont pas été recensées en Nouvelle-France. Eustache Lambert est qualifié de marchand bourgeois. On retrouve cette famille ensuite dans la région de Québec à partir de 1685.



Notes complémentaires au recensement (compilation de Francine Marcil d'après l'oeuvre de Yves Landry)
Pour ajouter un éclairage à la situation des familles de Chambly en 1681, nous ajoutons quelques détails historiques intéressants.

  • La liste des maris venant du régiment de Carignan,
  • La liste des épouses reconnues commes Filles du Roi,



Les mariages annulés, chez les filles du roi de Chambly

  • Jeanne Barbier et Bernard Chapelain, mariés le 30 août 1670; remariée à Julien Plumereau dit Latreille au fort de Chambly en novembre 1670.
  • Marie-Louise Bardou, et Nicolas Prunier le 22 septembre 1669; remariée à Mathurin Drouet dit Grandmaison le 30 septembre 1669 à Québec.
  • Marie Lefebvre et Jean de Paris, marié en octobre 1671 au fort Chambly, en présence de Pierre des Goiselles, abbé de Carignan. Annulé.
  • Jeanne Rambeau épousa André Morin le 28 juillet 1669; remariée à Étienne Raimbault vers 1670. Jeanne Rambeau dût comparaître devant la Prévoté le 2 septembre 1670, à la requête d'André Morin, et condamnée à lui rendre un habit qui lui appartient et qu'elle a baillé à Simon Bourbault pour sa pension (Dumas, p. 320)
  • Geneviève Tessier épousa François Lafaye le 4 octobre 1672; remariée à Pierre Delbec dit Joly le 4 juillet 1673.
  • Françoise Tierce et Aufray Coulon.... (annulé ? )
  • Catherine Auger et Philippe Gouyau, mairés le 14 octobre 1671.



Des curiosités historiques
Le "ménage" Petit, où il n'y a aucune femme, est formé du père, Alexandre, 58 ans, veuf, de deux de ses enfants, Gédéon, 22 ans et Jean, 33 ans, d'un domestique de 30 ans, nommé Pierre et de Mathieu, possiblement un Petit, mais pas le fils d'Alexandre. Ce sont des négociants, de religion calviniste, originaires de La Rochelle. D'après Benjamin Sulte, ils auraient fait de la contrebande avec les marchands d'Albany. Gédéon Petit, négociant, aurait baillé pour trois ans, de 1679 à 1682, la seigneurie de Chambly. En avril 1687, il est à Québec.Le bruit court que Gédéon Petit est décédé aux Anglais, en octobre 1688. Il est vrai que défunt Gédéon Petit, fils de défunt Alexandre Petit, marchand bourgeois de La Rochelle, laissa quelques temps auparavant son départ pour les Anglais de la nouvelle Yorc, où il est mort, une grosse demi barrique ou tierson pleine de liures et papiers entre les mains de Jean-Baptiste Peuvret, 20 mars 1702 (Jugements et délibérations du Conseil souverain, vol 4, p. 657)

René Poupart dit Lafleur a habité Chambly jusqu'en 1685. Puis on le retrouve dans la région d'Albany, précisément à Hill Water, où il demeure jusqu'en 1708. Là-bas, son épouse Marie Gendron serait décédée, vers 1690. Il prendra une seconde épouse du nom de Marie Perrin, vers 1695. Il a eu quatre enfants du premier et cinq du second mariage. Il nous paraît que Poupart a pu s'adonner au trafic des fourrures entre Chambly et Albany. René Poupart s'installera à Montréal à son retour.



Chambly, une oeuvre inachevée
Chambly, la jolie habitation que Frontenac citait comme un modèle, lorsqu'il écrivait à Colbert le 2 novembre 1672, est hélas en voie de dépeuplement en 1681. La seigneurie aurait perdu déjà 50% de ses effectifs.

En 1683, une correspondance signale: Chambly est une seigneurie dont la situation est remarquable. Il y a eu autrefois un assez grand nombre d'habitants dont la plupart ont abandonné ou sont devenus pauvres, parce qu'ils n'ont pas été appuyés, de sorte qu'elle est devenue le refuge de gens qui n'ont en vue que le commerce d'Orange et de Manhatte. (Émile Salone, p. 244). On parle ici d'Albany et New York.

Mais Frontenac poursuit toujours de grands projets. Il écrit au roi le 2 novembre 1681: Le commerce que quelques particuliers, mêlés avec des Sauvages, se sont avisés de faire depuis quelques temps, en portant, par un lieu appelé Chambly, du castor à Orange, et en rapportant de l'argent et des marchandises cause un notable préjudice à la ferme de Votre Majesté... L'agent de la Ferme a trouvé à propos d'établir un bureau au dit lieu de Chambly avec quelques gardes. J'ai envoyé aussitôt ordre aux habitants de les recevoir et au sieur de Saint-Ours, que j'ai mis commandant depuis deux ans pour observer ce qui se passe, de les appuyer en toutes choses... en attendant que Votre Majesté juge s'il ne serait point nécessaire qu'il y ait un gouverneur et quelque garnison en ce poste à cause qu'il est à la tête du pays et sur une rivière par où les Agniers peuvent avec le plus de facilité venir à nous... M. de Saint-Ours serait très propre pour cet emploi.

René Poupart, habitant de Chambly, est assigné, le 23 octobre 1684, à comparaître en Cour, par ordre d'un créancier pour régler quelque dettes. Il répond qu'il lui est impossible de comparaître, puisqu'il est commandé de se tenir prêt pour aller en guerre et qu'il est actuellement employé à faire faire des canots à ce dessein pour M. le général.Le même Poupart allait pourtant aux fourrures en 1685, et chez les Outaouais en 1686. (Conseil Souverain, p. 962)



Les bandes iroquoises inquiètent Chambly
Un observateur, La Hontan, notait en 1684 que le petit fort qui est situé au pied du saut sur le bord du bassin de Chambly, n'a que de simples palissades. Les habitants qui demeurent aux environs sont fort exposés aux courses des Iroquois en temps de guerre.

Justement, vers 1685, les Iroquois, aidés secrètement des Anglais, recommençaient leurs courses, écrit Benjamin Sulte.En 1687, leurs bandes inquiétèrent Laprairie et Chambly et brûlèrent les moissons; quelques colons furent capturés; les autres se réfugièrent au fort ou se sauvèrent à Boucherville. Le 3 novembre, le fort de Chambly fut investi tout à coup par les Agniers et les Mohicans et ne dut son salut qu'à la promptitude avec laquelle les gens de la campagne accoururent à son secours.

On dispose de peu d'informations sur cette attaque des habitants de Chambly. Les relations confondent même les dates; l'une parle du 4 octobre, l'autre du 3 novembre. Selon l'historien Cyrille Gélinas, il n'y a aucun doute concernant la présence des Agniers à Chambly en 1687. Une bande variant entre 100 et 300 guerriers se retira après avoir fait quelques victimes.Les noms et le nombre des victimes sont inconnus. Un auteur parle de la capture d'un soldat, de son épouse et d'un enfant. Un autre mentionne l'enlèvement de quatre enfants. Un troisième soutient queles Agniers décampèrent après avoir brûlé quelques habitations écartées et fait plusieurs prisonniers.Outre le raid sanglant des Iroquois à Chambly en 1687 (Trudel, p. 33), il y eut un assaut à Saint-Ours en 1691, un autre à La Prairie en 1695, et aussi à Boucherville en 1697.

Pour ce qui est de Chambly, François Lefebvre, sieur Duplessis, y commandait alors. L'année suivante (1688), il fut remplacé par le capitaine Raymond Blaise des Bergères, qui restera commandant jusqu'en 1695.Au commencement du printemps de 1693, Des Bergères conduisit vingt hommes de sa garnison à deux lieues du fort pour embarrasser les portages de la rivière Richelieu, qui se trouvent entre l'île Sainte-Thérèse et Saint-Jean. L'entreprise eut plein succès[1] .
C'est ici que s'inscrit le fameux épisode du chien messager qui portait des dépêches du fort de Chambly au fort de La Prairie et vice versa. Il portait des lettres et s'esquivait des Sauvages mieux qu'aucun homme, ajoute Benjamin Sulte.Le missionnaire Benoit Duplein quitte son ministère à Contrecoeur et Chambly en 1685. Il semble que les curés successeurs tant à Contrecoeur qu'à Sorel ne s'aventurent plus à Chambly. Il n'y a plus d'inscription de gens de Chambly avant 1687, sauf deux sépultures en janvier 1688 de la famille Drouet dit Grandmaison de Chambly. Les registres des paroisses environnantes sont hélas tristement discrets sur le destin des habitants de Chambly à cette période.



Décès chez les habitants de Chambly
Qu'arrive t-il des colons de Chambly. On est certains du décès de quelques uns, sans en connaître la date.

  • On avait recensé Julien Plumereau, même s'il était mort vers 1680. Sa veuve, Jeanne Barbier, épousait François Ablin (Blain) le 7 janvier 1681.
  • Mathurin Besnard serait décédé au début de 1682; Sa veuve se remarie à Jean Inart; mariage inscrit au registre de Contrecoeur, le 1 novembre 1682.
  • Alexandre Petit, après avoir abjuré le calvinisme, est décédé le 23 juin et fut enterré le 27 juin 1683 à Montréal.
  • Charles Robert décède au début de 1684; sa veuve, Marie Leber se remarie le14 juillet 1684 à François Bourassa. Ce mariage est inscrit à Contrecoeur.
  • Jean de Paris décède à une date inconnue, entre 1684 et 1693. Sa veuve, Marie Lefebvre épousera Joachim Reguindeau (Riendeau) le 3 novembre 1693 à Pointe-aux-Trembles. Son premier mariage aurait été annulé, selon Jetté.
Bref, il manque beaucoup d'inscriptions aux registres. La rareté des informations nous empêche de suivre à la trace plusieurs des habitants de cette époque. A Sorel, il n'y aurait eu que trois sépultures en 1680, une seule en 1681 et trois en 1682. Rien en 1683 et 1684. A Contrecoeur en 1682, aucune sépulture; seulement deux enfants sont inhumés pour chacune des années 1683 et 1684. A Boucherville, deux seules sépultures en 1681. Ces chiffres sont loin de représenter la réalité des décès. Et nous ne parlons pas des baptêmes qui sont aussi clairsemés. La guerre iroquoise de 1685 à 1697 a continué à appauvrir davantage les archives paroissiales.



Des prisonniers ou des disparus
On perd de vue quelques autres habitants de Chambly après 1681: Charles Paquet, son décès est introuvable. Esprit Bernard, son destin est inconnu, et Philippe Gouyau, aussi destinée inconnue.

Jean Bessette, père, était prisonnier des Iroquois en novembre 1690. Il survivra à sa captivité puisqu'il viendra mourir à Chambly le 5 janvier 1707. Son fils Jean Bessette n'a que 18 ans lorsqu'il est capturé par les Iroquois en 1691 à Saint-Lambert et scalpé sur place. Il survécut lui aussi et il épousera à La Prairie Marie-Anne Benoit le 16 mai 1695.



Des départs ou des réfugiés
Le 3 mars 1685, Gédéon Petit, dans un acte enregistré à Contrecoeur, est dit marchand demeurant dans le fort Saint-Louis (Jetté). C'est la dernière inscription de cette famille en Nouvelle-France. Serait-il retourné en France en 1685 ? Ou aurait-il émigré vers la Nouvelle-Angleterre ?
La famille de René Dumas et Marie Lelong choisit de s'installer à La Prairie. Ils y seraient même depuis 1681.
Bernard Deniger et Marguerite Raisin auraient aussi émigré à La Prairie. Ils y seront inhumés; leurs enfants y prendront épouse et mari.
Jean Dupuis, célibataire, 37 ans en 1681, déménage à Pointe-aux-Trembles en 1682. Il y vivra jusqu'à sa mort, à 55 ans, survenue le 10 mai 1696.
René Poupart dit Lafleur, son épouse Marie Gendron et ses deux enfants, émigrent dans la région d'Albany en 1685. Il se mariera en secondes noces avec Marie Perrin vers 1695 et ne reviendra à Montréal qu'en 1708.
Le 26 juillet 1685, Jean Bau (Lebeau) recevait une autre terre du seigneur Pierre de Saint-Ours. Mais à cause de la guerre, il se serait réfugié à Boucherville en 1687.
Le 27 août 1685, Pierre de Saint-Ours concède à Jean Poirier une terre de quarante arpents, voisine de Jean Bau, sur l'actuelle île Goyer, joignant la rivière Chambly. Il se réfugiera aussi à Boucherville.
De la même façon, le 13 novembre 1686, le seigneur de Chambly, Pierre de Saint-Ours, concéde à Jean Péladeau l'Île-au-Cochon dans le rapide. Mais Péladeau s'établit à Montréal en 1689.
En 1688, Louis Bariteau se réfugia avec sa famille à Château-Richer, sur la côte de Beaupré (selon Francine Marcil qui cite Benjamin Sulte).
La famille Raimbault serait réfugiée à Saint-Ours, selon toute apparence.
Le nouvel "entrepreneur" de la seigneurie de Chambly, M. de Saint-Ours a beau distribuer des terres, ça ne suffit pas à retenir les habitants. On en a marre de Chambly !



Chambly, une clef du pays (Frontenac)
Frontenac, le gouverneur tenace ne cesse de croire en Chambly et en la région du Richelieu. S'il a été déçu dans son projet d'obtenir un gouvernement autonome avec gouverneur et garnison à Chambly, il ne peut renoncer d'y voir une place hautement stratégique.

En 1692, le gouverneur réclame des subsides royaux pour le rétablissement de la clôture du fort de Chambly qui est pourrie (RAPQ, 1927-28, p. 106). En 1693, il écrira encore: Il a fallu songer à réparer les deux forts de Chambly et Sorel pour empêcher le passage des Anglais et des Iroquois, du moins pour le rendre très difficile. Les deux forts ont été clos de pieux neufs, les vieux étant pourris et séparés les uns des autres suffisamment pour y entrer par plusieurs endroits (RAPQ, 27-28, p. 167-168).
Si le fort est faible, son commandant ne l'est point. Frontenac est venu à Chambly en été et écrit au ministre en septembre 1692: Il n'y a point de commandant dans aucun fort qui y tienne les choses en si bon état que M. de Bergères ne fait, qui soit plus vigilant et sur qui on doive plus s'assurer. Son poste est le plus jalousé et le plus exposé de tous. C'est une clef du pays et les ennemis sont presque tous les jours au pied de ses palissades, de sorte qu'il faut être aussi alerte que je sais qu'il est... (RAPQ, 27-28, p. 121). Le commandant de Bergères, comme Chambly avant lui, recevra une gratification de 500 livres.

L'idée d'un gouverneur à Chambly, avec administration autonome, ressemble à ces "marches" que les princes du Moyen-Âge établissaient aux frontières avec mission de défendre le territoire. C'était un district militaire qui servait de chien de garde, et même de voie de pénétration vers l'adversaire. Ces marquisats constituaient un tampon entre l'ennemi et le royaume. Chambly, la clef de Frontenac, aurait-elle ouvert la porte vers le lac Champlain ? Voyait-il, M. le comte, une extension de la Nouvelle-France vers Manhattan, cette nouvelle York dont il rêvait de déporter les habitants ? A cette date, à tout le moins, il voyait dans Chambly un avant poste fortifié, un territoire cerbère.En l'an 1700, pour loger les soldats, les autorités ont démoli un bâtiment au fort de Chambly qui appartient au sieur François Hertel; on utilisa les pierres, le bois de charpente et les madriers qu'on employa à construire un corps de logis pour la garnison, et deux cheminées de pierre que le sieur Hertel y avait fait faire. François Hertel y avait demeuré jusqu'à l'année dernière, mais on le dédommagera par une somme de 150 livres (Adhémar, 3-8-1700).

Cependant en 1702, on doit encore construire. On projette une maison de soixante pieds de long par vingt pieds de large pour loger la garnison; elle sera faite de pieux sur pieux de bois bien sain reposant sur un solage de pierre maçonnées, avec une cave sous la chambre et trois cheminées.Les Hertel se chargent de construire cet édifice et Joseph Hertel s'en porte garant. Le gouverneur, M. le chevalier de Callières et l'intendant Champigny avaient autorisé M. Dubois Berthelot de Beaucours à signer cette entente avec les Hertel (Adhémar, 24-7-1702).



La ville d'Orange (Albany)
Cette ville qui pratique la contrebande avec Chambly est formée de Hollandais. Mais il y aurait aussi quelques Français, voire des Canadiens. Ainsi dès 1663, la famille de Louis Dubois, 37 ans et son épouse Catherine Blanchon avec leurs deux enfants, sont des français protestants établis en Nouvelle-Hollande. (Mongeau, p. 326). Lorsque René Poupart de Chambly s'établira près d'Albany, il y épousera là Marie Perrin, probablement la fille de Henri Perrin de Montréal, habitant et coureur des bois (Mongeau, p. 324). Il n'est pas étonnant qu'Arnauld Piat de Chambly s'y soit réfugié vers 1674. Était-ce par cette porte qu'on pouvait retourner en France (Sulte: Pierre Bisaillon de Laprairie en Pennsylvanie, Mélanges historiques, Vol 1, pages 89 à 103)



La bataille de La Prairie, rien de si fort ni de si vigoureux au Canada (Frontenac)
En septembre 1690, six personnes, apparemment des soldats, sont inhumées le 4 septembre à La Prairie; Deux autres personnes, aussi décédées le 4 septembre sont inscrites le 3 décembre de la même année 1690. Ces victimes portent les noms suivants: Bourgon, Lamotte, Jean Duval, Jean Barault, Latreille, Beaulieu, Larose, Dauvergne.

L'année suivante, toujours à La Prairie, les registres de la paroisse affichent l'inhumation de seize personnes, sans donner ni noms, ni détails. Ces personnes anonymes seraient décédées et auraient été inhumées le 11 août 1691. Qui sont ces gens ?[2] . Benjamin Sulte suggère une réponse: Le colonel Pierre Schuyler, commandant à Albany, se plaça à la tête de quatre cents hommes tant Anglais que Sauvages et marcha sur Laprairie... M. de Callières fit camper huit cents hommes en ce lieu tandis qu'un détachement de trois cents autres Canadiens, soldats et sauvages, sous le capitaine de Valrennes, allait barrer la route dans la direction de Chambly.

Néanmoins, Schuyler passa inaperçu et dans la nuit du 10 août, tomba sur le camp de La Prairie fort mal gardé, y tua dix-huit Français et Canadiens, puis battit en retraite... Au retour Schuyler rencontra M. de Valrennes qui lui fit subir une défaite lui tuant quatre-vingt-dix hommes et le forçant à diparaître de la contrée. Les Français perdirent trente-sept hommes...[3] . Frontenac écrira au ministre en France: Un combat qui dura une heure et demie, et leur tua (les Anglais) plus de six vingts hommes... Depuis l'établissement de la colonie, il ne s'est rien passé au Canada d'aussi fort ni de si vigoureux; et l'on peut dire que le sieur de Valrennes a conservé la gloire des armes du roi et procuré un grand avantage au pays...

Parmi les sépultures de La Prairie, Sulte énumère quatre officiers français et les habitants canadiens suivants: Louis Ducharme, Nicolas Barbier, François Cibardin, Pinguet de Montigny et Jean LeBer Duchesne[4] .

L'année 1692 vit se répéter autour de Montréal et jusqu'aux portes des Trois-Rivières les coups des Iroquois. Toute tentative de culture entraînait danger de mort. Les maisons de campagne n'étaient plus en sûreté... Deux habitants du nom de Jean Besset et Joseph Dumay furent scalpés à Saint-Lambert...[5] . On sait que Jean Besset est de Chambly.L'année 1693 fut plus tranquille.... Au temps des récoltes (1694), un fort parti iroquois descendit le Richelieu et entra dans les terres pour surprendre Boucherville, mais le capitaine de la Durantaye l'atteignit avant qu'il n'eut fait le coup et le dispersa. Il y eut deux Canadiens tués dans cette rencontre[6] .



Les terres concédées
Marie Lefebvre, veuve de Jean de Paris dit Champagne, se départit de sa terre de la seigneurie de Chambly. Le 4 septembre 1700, devant le notaire Tailhandier, Marie Lefebvre, femme de Joachim Reguindeau (Riendeau), de Boucherville, et veuve de Jean de Paris, dit Champagne, vivant habitant de Chambly, vendait sa concession de terre consistant en deux arpents de front par quarante arpents de profondeur à Jean Aubertin. Cette concession de quatre-vingts arpents en superficie, qui se trouvait à la côte de Bolhaie (Bel hail, Bel ail, Beloeil), lui appartenait en qualité de créancière privilégiée de feu Jean de Paris; elle était bornée, devant au bassin de Chambly, d'un coté à Mme Poupart dit Lafleur et d'autre coté à Jean Besset.
Cette terre leur avait été concédée par feu M. de Chambly le 14 octobre 1673 devant maître Adhémar, et était chargée de quatre livres de rentes annuelles et d'un minot de blé. Cette vente fut faite au prix de 150 livres. (Marien Tailhandier, 4 septembre 1700, acte no 26).
Marie Lefebvre est citée à l'Hôtel-Dieu de Québec le 22 mai 1692; elle a 45 ans. Selon Jetté, son mariage aurait été annulé, si l'on se fie au notaire Adhémar, acte du 1 octobre 1690. Marie Lefebvre avait épousé en secondes noces Joachim Reguindeau le 3 novembre 1693 à Pointe-aux-trembles. Elle décédera le 29 août 1730 à Boucherville.

François Blain (Ablin) veuf de Jeanne Barbier, détient une terre à Chambly en 1701. Il s'agit sans doute de la terre Plumereau, premier mari de Jeanne Barbier. Mais les cens et rentes ne sont pas payés. Le seigneur Hertel l'assigne à comparaître en janvier 1701, et sentence est rendue contre lui de payer son dû et de passer un titre nouvel.



Un nouveau seigneur: François Hertel
François Hertel rendra foi et hommage le 11 octobre 1694 et le 19 mai 1701, pour cette concession qui lui a été confirmée par feu M. le comte de Frontenac et Mgr l'intendant, suivant le titre du 1 mars 1695, et ratifiée par Sa Majesté le 19 mai 1696 (Adhémar, 19 mai 1701).
Et des habitants reviennent...

Frontenac écrit le 10 octobre 1698: L'espérance de la paix avec les Iroquois m'a fait diminuer la garnison du fort Frontenac, où je n'ai laissé que vingt hommes... Lorsque la paix sera conclue, il n'y aura qu'à laisser y retourner les divers particuliers, à qui M. de Lasalle avait accordé des concessions, qu'ils avaient commencé à mettre en valeur et qu'ils sont prêts de continuer le demandant avec insistance, à l'imitation de ceux qui en avaient aussi autour du fort de Chambly, ... que la guerre avait contraints d'abandonner et qu'ils reprennent maintenant avec plus d'envie que jamais de les faire mieux valoir (RAPQ, 28-29, p. 367).François Hertel, seigneur de Chambly, avait adressé une requête au tribunal le 16 décembre 1698, déclarant que durant la guerre des Iroquois, la plus grande partie des habitants de Chambly se sont retirés à Boucherville et ailleurs, abandonnant leurs terres. Il demande à la cour la permission de faire publier un avis obligeant les censitaires de respecter leurs contrats ou de pouvoir disposer des terres abandonnées, et les octroyer à d'autres censitaires pour percevoir des rentes. Le juge Charles Juchereau émet une ordonnance qui oblige les censitaires du seigneur de Chambly de présenter leurs contrats d'ici les trois mois et d'en respecter les clauses.



D'autres habitants avant 1704
Johanne Noël écrit avoir dénombré 74 arrivants entre 1668 et 1694 à Chambly, dont cinq seulement après 1687. L'auteur ne les énumère pas.
Louis Lamoureux et Françoise Boivin, recensés à Boucherville en 1681, sont à Chambly en septembre 1685, alors que le missionnaire Pierre Sennemaud vient baptiser leur fille Marie le 29 septembre. Louis Lamoureux, (c1647-1715) avait été un des pionniers de Longueuil. On ne retrouve pas son acte de mariage qui a dû avoir lieu en 1668.
François Hertel concède une terre à Jean LePelé dit Desmarais le 22 juin 1694.
Les registres ouvrent en 1706. Un grand nombre d'Indiens y figurent.
Massé 1704, Poyer 1707, Boileau 1706, Lefort, 1708, Paquet, Ménard, Legrain.

Les Poirier et les Robert qui prendront souche à Chambly ne seront pas de la même origine.



Les familles fondatrices de Chambly ?
Marcel Rivet avait relevé un bon nombre de familles souches. Il avait publié ces noms dans le Cahier no 1, volume 2, février 1980, aux pages 2 à 10. Ces personnes qui avaient sué à défricher leur première concession à Chambly, qui ont dû quitter, ne veulent-ils pas conserver leur bien ? Peut-on si facilement effacer vingt ans de labeur ? Laisser d'autres profiter de ces avantages ?

Celles de la première fournée, la tablée Chambly:
La famille Bessette, nous paraît la seule à avoir repris sa terre d'origine à Chambly. De cette souche, découleront les branches de Aguenier (Aganier), de Périer, de Barré, qui épouseront des filles Bessette et s'installeront en permanence à Chambly.

  • Louis Bariteau dit Lamarche viendra mourir à Chambly le 7 janvier 1715.
  • Jean Mailhot et Roberte Péladeau, mariés le 11 juin 1690 reçoivent la concesion de Jean (Ange) Cusson le 25 janvier1704 ou celle de René Poupart. Ange (Jean) Cusson, époux de feue Jeanne Bariteau, s'installera à Chambly.
Celles de la seconde table, la fournée Hertel:
Chez d'autres familles, ce sont les fils, les petits-fils ou les gendres qui réintègreront les terres primitives:
  • François Blain (Ablin), second époux de la veuve Plumereau, a une terre à Chambly.
  • Jean Gareau et Thérèse Bau (Lebeau).Mathurin Beau (2e génération) et..
  • Gilles Brouillet (3e génération) et Marguerite Robert.
  • Louis Lebeau (3e génération) et Angélique Bessette.



Annexe
Le recensement de 1681 nous fournit la liste des premiers habitants de Chambly. (Revu et corrigé par la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly)

NomÂge
* Étienne Rimbault44
** Anne Seigneur32
* Bernard Deniger dit Sansoucy54
* Charles Paquet dit Le Picard54
* Charles Robert dit Deslauriers35
* Jean Bessette dit Brisetout39
* Jean Dupuis dit LaGrange37
* Jean Poirier dit Lajeunesse34
* Jean Péladeau dit St-Jean40
* Jean de Paris dit Champagne44
** Jeanne LeRoy40
** Jeanne Raimbault36
** Marguerite Raisin30
** Marguerite Viart31
** Marie Langlois39
** Marie Lefebvre34
** Marie Lelong33
** Marie Vara28
* René Dumas dit Rencontre30
* René Poupart dit Lafleur31
** Jeanne Barbier30
* Louis Bariteau dit Lamarche34
* Mathurin Besnard dit Lajeunesse37
** Étiennette Loret32
Alexandre Petit58
Anne5
Charlotte5
Daniel13
Esprit Bernard39
Francoise9
Guillaume8
Gédéon Petit22
Jacqueline10
Jacques10
Jean3
Jean Bau (LeBeau) dit l’Alouette27
Jeanne6
Julien9
Julien Plumereau dit Latreille40
Louis4
Louise11
Marguerite-Nicole9
Marie-Jeanne6
Mathieu40
Mathurin-René1
Philippe-Louise3
Pierre2
Pierre (Domestique)30
René3
Roberte8
Simon5
Étienne2

* Soldats du régiment de Carignan- Salières.
** Filles du Roy.



Conclusion
Un recensement truffé d'erreurs nous a permis d'examiner à fond le mouvement de populations à Chambly à ses origines. De 1665 à1673, on croit assister à une fondation surréaliste. Un Chambly tout neuf, tout beau est créé.Une oasis en peine forêt. Une terre promise. Un village-frontière qui peut devenir une marche fortifiée de l'Empire français. Mais la forteresse s'ébrèche. Avant 1681, la course des bois draine à l'extérieur des colons déçus. Le goût de l'aventure et la soif de "l'or poilu" ont saigné le village de Chambly. C'est la fuite en avant. Après 1681, la guérilla iroquoise pousse dehors le dernier carré d'habitants. Les plus tenaces qui avaient pris goût à la vie sédentaire et à la nichée familiale devront quitter par peur. C'est le sauve qui peut. Chambly, qui s'était créée dans l'enthousiasme, la jolie habitation qu'avait entrevue Frontenac, s'est dispersée dans l'abandon. Les labours sont restés morts. Les épinettes ont repris dans les guérets. Les "ferdoches" ont poussé dans les abattis de bois. Les cabanes de rondins ont pourri sur place. La clef du pays, dont rêvait le gouverneur, fallut la remettre dans la boîte. Chambly est restée une oeuvre inachevée.

Au recensement de 1698, Chambly n'est plus sur la carte. Aucune mention. Les vieux villages, Boucherville, Longueuil, La Prairie ont légèrement prospéré. Des bourgades neuves, Saint-Ours, Verchères, Varennes, sont apparues. Mais de Chambly, rien. Faudra tout reprendre à neuf après la Grande Paix de 1701. La plupart des terres déjà concédées seront redistribuées en 1704. L'Aveu et Dénombrement de la seigneurie de Chambly, le 12 juin 1723, révèle seulement vingt-six chefs de famille. Les familles Lebeau, Poirier, Bariteau et Bessette étant les seules issues des trente concessionnaires de 1673 à revenir à Chambly. En 1739, le recensement donnera à Chambly, Saint-Denis et Cournoyer réunis 152 âmes. Deux paroisses seront créées en 1739 et deux églises seront construites, de chaque coté du Richelieu, Saint-Joseph-de-Chambly et L'Immaculée-Conception de la Pointe-Olivier.
Donc, c'est vers 1730 seulement qu'on atteindra le même nombre d'habitants qu'en 1681. Réalise-t-on que le développement de ce bourg a ainsi connu cinquante ans de retard. Pire, entre l'érection du fort (1665) et la création des paroisses (1739), il s'est écoulé quelque 75 années, soit trois générations de va-et-vient. Peut-on nommer une autre seigneurie qui a connu de tels tâtonnements ?

Dès les débuts, Chambly se distingue par ses relations soutenues avec les états de la Nouvelle-Angleterre. Ces relations n'ont pas été que militaires. Il y a eu du commerce tant légal que frauduleux. Il y a eu des migrations d'habitants de part et d'autre. Les villes d'Albany et de Philadelphie, entre autres, ont reçu des négociants, des coureurs de bois, voire même des réfugiés. Trouverait-on dans les archives primitives d'Albany et de New York des traces de nos colons canadiens ?

Ces premiers contacts avec la Nouvelle-Angleterre annoncent déjà les établissements seigneuriaux dans le Vermont et l'état de New York, les postes militaires de Saint-Frédéric et Carillon, les collaborations à la rébellion américaine de 1775, les exodes du temps des Patriotes, le grand vicariat du curé Mignault autour du lac Champlain.


A Chambly, plus qu'ailleurs, les documents pour reconstituer les origines de la seigneurie se font rares. Le généalogiste Cyprien Tanguay n'a pas tenu compte des habitants de Saint-Mathias dans son Dictionnaire généalogique. De plus il a confondu les habitants de Saint-Joseph-de-Chambly avec ceux de Saint-Antoine-de-Chambly. Les rapports des Grands Voyers du régime français, qui ont décrit et fixé les chemins publics de Chambly sur chaque lot d'habitant, sont disparus. Gédéon de Catalogne, en 1711, localise tous les colons dans toutes les seigneuries de la Nouvelle-France et il les situe sur une carte très instructive. Mais il n'est pas venu à Chambly, et on est privé ainsi d'une description précieuse. Les archives de la seigneurie sont disparues. Les successions seigneuriales, particulièrement complexes à Chambly, sont plus difficiles à reconstituer parce que des actes officiels n'ont pas été notariés ou sont introuvables. Les concessions de terres à Chambly faites par les notaires sont parfois mal décrites, difficilement localisables. De plus ces actes sont éparpillés chez les tabellions de Montréal, de Boucherville et La Prairie. Et il en manque, qui auraient été faits sous seing privé. C'est dire qu'en plus d'un départ historique laborieux, la reconstituion des origines est particulièrement difficile, faute de documents.



Bibliographie et références
LES ARCHIVES JUDICIAIRES, Archives nationales du Québec à Montréal, pièces du 16 décembre 1698; 29 janvier 1701.

Les dictionnaires et les répertoires
Concessions en fiefs et Seigneuries...
Foi et hommage....
Dictionnaire encyclopédique de la seigneurie de Chambly, 1609-1950, en collaboration, Société d'histoire de la seigneurie de Chambly, 2001, 284 pages.
Dictionnaire Biographique du Canada, Vol I, Jacques de Chambly, page 191, par René Beaudry. Pierre de Saint-Ours, pages 618 à 620; Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, pages 474 à 476, par Jean-Jacques Lefebvre. Pierre de Saurel, pages 616 et 617, par Jean-Guy Pelletier. Volume II, Blaise des Bergères de Rigauville, page 72 et 73, par Marcel Bellavance.
Charbonneau, Hubert et Légaré Jacques, PRDH (Programme de recherche en démographie historique) Répertoire des actes de baptème, mariage et sépulture et des recensements du Québec ancien. Université de Montréal, 1980, 47 volumes. Voir les numéros 1, 6 et 13, Recensement de 1681, volume 6, Chambly.
Jetté René, Dictionnaire généalogiques des familles du Québec, Des origines à 1730, Montréal, P.U.M. 1983, 1176 pages.
Jugements et Délibérations du Conseil souverain, Québec, 1885, 6 volumes. Volume I, pages 644 et 702. Volume III, pages 148, 149 et 163.
Rapport de l'archiviste de la Province de Québec, 1926-1927 et 1930-1931; correspondance de Frontenac et Talon.
Tanguay, Cyprien, Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, Éd. Elysée, 1911, 7 volumes.

Les études publiées
Dumas, Silvio, Les filles du roi en Nouvelle-France, Cahiers d'Histoire, no 24, Société historique de Québec, 1972, 382 pages.
Filion, Mario, Les premières concessions de la seigneurie de Chambly, Les Cahiers de la seigneurie de Chambly, no 9, février 1983, page 14 à 27.
Gélinas, Cyrille, Le rôle du fort de Chambly dans le développement de la Nouvelle-France, Parcs Canada, 1983, 79 pages.
Greer, Allan, Habitants, marchands et seigneurs, La société rurale du bas Richelieu, 1740-1840, Septentrion, 2000, 356 pages.
Landry, Yves, Orphelines en France, pionnières au Canada, Les filles du Roy, Leméac, 1992, 436 pages.
Lansing, Donald, Les commandants du fort de Chambly, Société d'istoire de la seigneurie de Chambly, manuscrit publié en décembre 1996, 56 pages. Récipiendaire d'un prix de la Fondation Percy W. Foy en 1997.
Noël Francine, Le peuplement de Chambly au XVIIe siècle, Les Cahiers de la seigneurie de Chambly, no 15, novembre 1986, pages 1 à 7.
Rivet, Marcel, Les pionniers, Les Cahiers de la seigneurie de Chambly, no 1, juin 1979, pages 16 à 20.
Rivet Marcel, Origines de nos familles, Les Cahiers de la seigneurie de Chambly, no 1, vol 2, février 1980, pages 2 à 10.
Roy, Régis et Malchelosse, Gérard, Le régiment de Carignan, Montréal, 1925, G. Ducharme, 130 pages.
Salone, Émile, La colonisation de la Nouvelle-France, Réédition boréale, Trois-Rivières, 1970, 505 pages. Surtout les pages 190, 244.
Sulte, Benjamin, Le régiment de Carignan, Mélanges historiques, Ed. G. Ducharme, 1922, vol 8, 144 pages.
Sulte, Benjamin, Histoire des canadiens français, 8 volumes, Montréal, 1882, Wilson éditeurs. Au tome 5, page 74, le recensement de 1681; au tome 6, le recensement de 1698, pages 47 et 48.
Sulte, Benjamin et Malchelosse, Gérard, Mélanges historiques, le fort de Chambly, 1922, Ed. G. Ducharme, volume 9, page 21.
Trudel, Marcel, Mythe et réalités dans l'histoire du Québec, Cahiers du Québec, 2001, 325 pages.

Les greffes du notaire
Adhémar Antoine, du 14 au 17 octobre 1673; du 12 octobre au 27 novembre 1674; le 6 février 1675; le 11 février 1675; les 18 et 20 juillet 1678; 6 avril 1680; 27 août 1685; 3 août 1700; 29 août 1700; 19 mai 1701; 24 juillet 1702
Tailhandier, Marien
Duquet, Pierre, 23 octobre 1673
Rageot, Gilles, 16 avril 1682.

Les registres paroissiaux des baptêmes, mariages et scépultures
Notre-Dame-de-Québec de 1665 à 1681
Notre-Dame-de-Montréal, de 1668 à 1681
Saint-Pierre-de-Sorel, de 1669 à 1699
Très-Sainte-Trinité-de-Contrecoeur, de 1681 à 1687
Sainte-Famille-de-Boucherville, de 1668 à 1690



[1]Sulte, Benjamin, Mélanges historiques, Le fort de Chambly, page 16

[2]PRDH, Volume 6, Sépultures de La Prairie.

[3]Sulte Benjamin, Histoire des Canadiens-français, tome 5 pages 142, 143, 144.

[4]Sulte Benjamin, Histoire des Canadiens-français, tome 5 pages 142, 143, 144.

[5]Sulte Benjamin, Histoire des Canadiens-français, tome 5 pages 142, 143, 144.

[6]Sulte Benjamin, Histoire des Canadiens-français, tome 5 pages 142, 143, 144.