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1721, monstre marin près de Chambly
par Réal Fortin
Procureur de la prévôté de Québec à la fin du XVIIe siècle, Bécard de Granville nous a laissé un manuscrit illustré fort surprenant. Son oeuvre,Les raretés des Indes ou Codex du nord amériquainse veut une collection des curiosités de la Nouvelle-France.[1]
Ses Illustrations naïves semblent relever davantage dune fusion de croyances antiques adaptées à la civilisation amérindienne où la peur et lignorance de linconnu se sont traduites par des êtres monstrueux. Ainsi, son dessin intitulé « monstre marin tué par les Français sur la rivière Richelieu en la Nouvelle-France » ressemble-t-il à une sirène mythologique à laquelle il aurait remplacé la tête par celle dun Amérindien.[2]
Quelsque années plus tard, soit en 1721, le père Charlevoix rapporte, dans son Journal, une observation qui pourrait avoir rapport avec le dessin de Bécard de Granville:«Je ne sçai quelle croyance on doit donner à ce que jai vu dans la relation manuscrite dun ancien missionnaire qui assure avoir vu un homme marin dans la rivière de Sorel, trois lieues au-dessous de Chambly ».
[1]Certains chercheurs attribuent plutôt ces dessins non signés à un certain Louis Nicolas, jésuite défroqué, qui vint en Nouvelle-France entre 1667 et 1675.
[2]Daprès Michel Meurger dans son livre Monstres des lacs du Québec, (Stanké, Montréal-Paris, 1982, p. 313, note 28) il pourrait sagir dun dessin tracé à partir dune description faite par le père de lillustrateur, Pierre Bécard, qui participa à la construction du fort Sainte-Thérèse en 1665 avec le régiment de Carignan-Salières
1741, inondation au fort Chambly
par Réal Fortin
Si le niveau du bassin a atteint une hauteur inquiétante en cet hiver 2003-2004, on peut se consoler en songeant que le phénomène nest pas nouveau. Déjà en 1741, lintendant Hocquart informait le ministre dun problème dinondation à Chambly : « Le fort Chambly a été inondé au Commencement de cette année par une digue qui sest faite au bas du bassin, leau a monté jusquà trois pieds pardessus les planchers, et, le 17 du mois passé[1]
, elles nétoient pas encore retirées ».[2]
[1]Janvier
[2]AN, colonies, C11A, vol. 75
1817, lettre de Charles-Michel dIrumberry de Salaberry
par Réal Fortin
Charles-Michel de Salaberry fut incontestablement lune des figures de proue lors de la guerre anglo-américaine de 1812-1814. Né le 19 novembre 1778, il était âgé de 34 ans quand les hostilités éclatèrent. La plupart de ses activités se déroulèrent le long de la route menant à Odelltown entre Chambly et la frontière étatsunienne. La lettre qui suit, extraite d'un manuscrit intitulé Correspondance de Salaberry et dont une copie se trouve à la Bibliothèque municipale de Montréal, a été rédigée dans le but d'obtenir un poste au Conseil Législatif. Il y résume ses principales activités militaires. À première vue on pourrait être porté à croire que ses rapports avec le gouverneur en chef du Canada, George Prévost, étaient des plus chaleureux. Cétait pourtant le contraire. Dans son compte-rendu de la bataille de Châteauguay, Prévost donnait tous les mérites de cette victoire au major général Abraham Ludwig Karl von Wattenwyl qui navait pourtant pas participé aux affrontements. La mauvaise foi du gouverneur envers Salaberry retarda les promotions qui accompagnaient généralement de tels exploits militaires. Si plus tard, Prévost recommanda officiellement Salaberry à un poste dofficier supérieur, il rédigeait, en même temps, un rapport qui dénigrait le héros québécois. En fin de compte, Charles-Michel de Salaberry n'aura pas écrit la lettre qui suit inutilement puisque le 14 décembre 1818, il fut appelé à siéger au Conseil Législatif aux côtés de son père. Plus tard en 1822, il appuiera la pétition contre le projet dunion du Haut et du Bas-Canada. II mourut le 27 février 1829. Le texte original a été rédigé en anglais. Nous en reproduisons la traduction. Chambly, le 29 déc. 1817 Monsieur, J'espère humblement que votre Excellence jugera qu'il me revient de lui succéder au Conseil Législatif. Pour motiver cette revendication, je me dois d'étaler devant votre Excellence un bref état de mes activités militaires, en particulier celles accomplies pour le Roi dans mon propre pays. M'étant enrôlé à un très jeune âge, j'ai d'abord été affecté aux Indes Occidentales (West Indies) pendant 11 années; j'ai été présent au fameux siège du Fort Matilda et, lors de l'évacuation, le général Prescot m'a choisi pour couvrir les nôtres et, quoique à peine âgé de 16 ans, j'ai alors eu à commander les grenadiers de mon régiment et cela à plusieurs autres occasions lors du siège ce qui me valut les remerciements du général. À la tête de cette même compagnie j'ai participé à la campagne de Dominica en 1795 où j'ai également eu à accomplir différents actes. Lors de la campagne de Walcheren, j'étais l'aide-de-camp du Major général de Rottenburg et j'étais à la tête de la Brigade Légère au moment du débarquement; j'étais affecté au front et, avant l'assaut final, j'ai eu à participer à un certain nombre d'engagements. Faisant partie de l'état-major du Major de Rottenburg au Canada un peu avant la déclaration de la guerre par les Américains, Sir George Prévost me demanda de lever le régiment des Voltigeurs canadiens. Un enrôlement efficace mena à la création rapide de ce régiment. Aussitôt son constant succès contre l'ennemi et le bon exemple quil a toujours su donner aux autres jeunes Corps et à la milice en général ne firent que démontrer le service que j'ai rendu au gouvernement en acceptant de l'organiser. Lors de l'avance des 10 mille hommes du général Dearborn à Odell Town en novembre 1812, Sir George Prévost m'envoya avec une troupe de 400 novices ainsi que des paysans et quelques Indiens pour les empêcher de se rendre à L'Acadie. Cette mission a été un succès puisque j'ai fait échouer les efforts du général américain qui finit par lever le camp. J'ai été remercié pour cet acte dans les ordres généraux; j'ai omis de mentionner que durant cette campagne et durant la plus grande partie de la suivante, j'ai eu à diriger tous les avant-postes de l'armée et j'ai eu à commander quelques troupes régulières, toute la milice sédentaire affectée à la frontière, quelques bataillons de la milice incorporée et tous les Indiens. En septembre 1813, le général Hampton ayant envisagé d'attaquer Montréal avec 7 ou 8,000 hommes, je fus envoyé avec environ 600 hommes et quelques Indiens pour empêcher les Américains de se rendre à L'Acadie. J'y parvins avec succès car, après quelques escarmouches, l'ennemi n'osa pas risquer une offensive générale dans les bois; en conséquence, il leva le camp et modifia son trajet pour se rendre à Four Corners. Je m'empressai alors de contrer la marche de l'ennemi et me retrouvai coincé entre ses avant-gardes et la Rivière Chateauguai (sic). Cette marche s'était déroulée dans une étonnante rapidité. Le 1er octobre, je suis allé surprendre l'ennemi à son camp de Four Corners avec 50 Voltigeurs et 150 Indiens et, après une chaude lutte où j'ai failli être fait prisonnier, je parvins à faire une reconnaissance et à semer une certaine confusion. Le 26 octobre, le général Hampton ayant mis en marche son armée d'environ 7,000 hommes, avec 13 canons, dans le but de forcer tous mes postes de défense et "d'obstruction", etc., et de se rendre ensuite à Cacknawaga, à une trentaine de milles derrière moi, pour y attaquer Sir Geo. Prevost. J'entrepris de l'attaquer durant sa marche avec seulement trois cents de mes hommes; au front « de ma première ligne »; le combat fut extrêmement chaud et se termina après quatre heures quand, à la suite de nombreuses tentatives pour forcer mon front et pour déplacer mes flancs, l'ennemi, sentant qu'il lui était impossible de parvenir à ses fins, cessa la lutte après une dure perte et se retira à cinq milles du champs de bataille. C'est ainsi que s'est terminé un combat qui donna de l'éclat au nom Canadien, grandit le caractère et l'esprit du peuple et accrût la confiance des soldats. De plus, ce succès fut extraordinaire et surprenant en ce qu'il empêcha d'une part l'invasion de Montréal et d'autre part les désastres qui auraient résulté si les armées de Hampton et de Wilkinson s'étaient regroupées. Pour le reste de la campagne, j'ai continué à harceler les arrières de l'ennemi en retraite. Pour ce service rendu, Sa Royale H. le Prince Régent fut heureux d'ordonner que ses remerciements me soient exprimés, lesquels furent mentionnés dans les ordres généraux et lus devant les troupes. J'ai aussi reçu (ce qui suit est écrit d'une autre main.) J'ai aussi reçu une médaille. Les deux chambres du parlement provincial furent heureuses de me témoigner leurs remerciements par un vote de félicitations et la Chambre d'assemblée alla plus loin en faisant parvenir une lettre au prince régent me recommandant fortement à la faveur de sa Grandeur Royale. En février 1813, Sir G. Prévost me choisit avec mon régiment et quatre compagnies du 49è régiment pour nous joindre à l'expédition organisée contre l'ennemi à la rivière Salmon. Je me rendis à Coteau du Lac mais le Col. Scots fut obligé d'abandonner l'expédition. En avril 1814, je fus envoyé à Lacadie avec 1800 hommes pour attaquer le Général Wilkinson mais il avait quitté Odell town avant que nous ayons pu nous y rendre. En juillet 1814, je fus une autre fois envoyé à Odell town avec 2,200 hommes, quelques artilleries et la plus grande partie des réguliers, pour tenir tête au général Izard qui était retranché à Champlain et menaçait Lacadie avec 6,000 hommes ( peu après l'arrivée de troupes françaises. La paix fut conclue, mon régiment fut réduit; recevant un demi-salaire, je pus me retirer à Chambly. Il est impossible d'exprimer toute l'inquiétude et toutes les fatigues que j'eus à supporter lors de cette guerre sans mentionner toute la responsabilité découlant de ma situation surtout si l'on considère le dur climat et les différents désagréments des lieux. J'ai oublié de mentionner que Sir G. Prévost m'a désigné au poste d'officier d'inspection pour toutes les troupes légères canadiennes et, malgré que cette nomination n'ait pas encore reçu l'approbation de l'Angleterre, j'exerce cette tâche en plus de commander la Brigade légère et d'entraîner la milice en temps de paix. Dernièrement, j'ai été nommé compagnon de l'Ordre du Bain et il est superflu d'ajouter que, tout au long de ces 24 années de service, j'ai eu à participer à un très grand nombre d'événements ayant presque toujours été avec les troupes légères. »
Action héroïque
par Paul-Henri Hudon
Le 21 avril (1869), le jeune fils de M. F. Challoy (ou Chaloux) s'aventurait seul sur les eaux du bassin de Chambly. Le vent qui venait de s'élever poussait la légère embarcation vers les endroits dangereux des rapides et des vagues de plus en plus fortes menacaient à tout instant de la faire engloutir. L'enfant fit retentir l'air de ses cris et bientôt un certain nombre de personnes furent témoins de cette scène. Un jeune homme du nom de Camille Languedoc n'écoutant que son bon coeur se précipite dans les eaux glacées et nage l'espace de deux arpents luttant contre les vagues et les crampes qui entravaient sa marche. Il parvint avec difficulté jusqu'à l'enfant qui, misérablement retenu à un poteau du cimetière, (sic) disparut sous la hauteur des eaux, s'attendant à une mort certaine, sans le secours de l'héroique Languedoc. Quelques instants après, l'enfant était dans les bras du père et de la mère désolés qui ne savaient que faire pour remercier le sauveur de leur fils bien aimé (La Minerve, 27-4-1869)
À Saint-Hilaire des panthères courent les chemins
par Paul-Henri Hudon
Nous apprenons qu'une panthère ou cougar, mesurant sept pieds de longueur a été tuée près du mont Beloeil. Dans l'espace de quelques jours, près de vingt et un moutons avaient été dévorés par cet animal féroce. On ne peut s'expliquer la présence d'une panthère dans les bois voisins de Beloeil. Un malin nous assure que c'est là sûrement un membre de la famille heureuse (happy family) de quelque ménagerie ambulante.[1]
[1]Le Courrier de St-Hyacinthe, 13 janvier 1860
Bas de laine et voleurs de nuit
par Paul-Henri Hudon
Nous avons dit, il y a quelques jours, que deux personnes avaient été mises dans la prison de cette ville sous soupçon d'être concernées dans un vol à L'Acadie. Elles sont supposées appartenir à une bande, dont cinq sont entrés par force dans la maison de M. Jean Vasley, près de Chambly, la semaine dernière, pendant le silence de la nuit; ils étaient justement après obtenir tout son argent, 1538 livres, 11 s. 6 d., lorsqu'ils entendirent les cris de ses fils qui avaient été alarmés par son domestique et qui venaient à son secours. Les voleurs se sauvèrent. Ceci fait voir l'imprudence qu'il y a de garder tant d'argent chez soi comme font les Canadiens généralement. Dans cette occasion, M. Vasley a eu le bonheur de déposer son argent le lendemain à la Banque de Montréal.
Il y a une telle frayeur de répandue dans tout le pays des déprédations des voleurs que les habitants jugent nécessaire de faire le guet pendant le nuit pour empêcher leurs propriétés d'être volées. Il y a quelques nuits, pendant qu'un parti armé faisait le guet dans le voisinage de Chambly, un homme fut aperçu entrer dans un appentis d'une manière à donner des soupçons, ce qui induisit le parti à tirer sur lui, n'ayant pas reçu de réponse à son information. Malheureusement, son inquiétude se trouva vaine dans cette occasion, car en allant à l'individu sur qui il avait tiré, il trouva non seulement qu'il avait été tué tout raide, mais que c'était un innocent sans malice qui avait coutume d'errer par la campagne. Nous croyons que les personnes concernées dans cette malheureuse affaire ont été mises en prison pour subir leur procès. Nous ne pouvons nous empêcher d'ajouter que de tirer sur quelqu'un à moins que ce ne soit pour défendre sa vie ou sa propriété est une chose très impropre et très illégale (Le Canadien, 7 septembre 1825).
Des élections bien arrosées
par Paul-Henri Hudon
Notre folklore politique, ces élections gagnées à coup de pots de vin, ça ne date pas d'hier. Au siècle dernier, à Chambly, les notables du lieu, comme l'industriel Samuel Thomas Willett y vont de leurs aumônes, des liquidités, veux dire. Sans parler des intimidations, des menaces et des corruptions de toute nature.
M Amable Jodoin aurait retenu d'avance des hôtels de Chambly et payé grassement.[1]
M. Samuel Thomas Willett de Chambly est appelé à témoigner. Il avoue: J'ai voté à la dernière élection. J'ai travaillé à cette élection. J'ai employé mon influence. J'ai payé mes propres dépenses. Alfred Dubuc, charretier de Chambly, a travaillé à l'élection. Il a demandé 100 $ pour ses services. M. Augustin-Pierre Jodoin, maire de Longueuil, frère du candidat, dit que l'élection lui a coûté entre 9 000 et 10 000 $, dont 100 $ donné à Dubuc. Il n'a rien donné à Willett.[2]
Des hôteliers de Chambly, Joseph Chauret et le nommé Loiseau auraient reçu 200 $.
On ne doit pas être surpris de voir que la majorité ordinaire de M. Benoit (150) ait été réduite à 44, quand on songe qu'il a eu à combattre M. Joly, M McKenzie (Canal de Chambly), la fonderie de Longueuil, la fabrique de M. Willett et le chemin de fer de Chambly, dont M. Willett est président. Promesses, intimidations, menaces, corruptions tout a été mis en oeuvre pour faire perdre M. Benoit. Loin des influences ci-dessus, M. Benoit a vu accroître ses majorités parmi les électeurs indépendants. Nous sommes surpris même que notre ami (Pierre-Basile Benoit) ait été élu en face de semblables influences exercées par les adversaires habitués de se mettre au-dessus de la loi. Nos félicitations à notre ami, M. Benoit, pour le glorieux succès de sa septième élection depuis 1867.[3]
À telle enseigne qu'il faut s'en laver les mains : M. Berthiaume, le candidat des essuie-mains, s'opposera à Pierre-Basile Benoit.[4]
[1]La Minerve, 17 janvier 1874
[2]La Minerve: 20 juillet 1875
[3]La Minerve, 17 septembre 1878
[4]La Minerve, 17 juin 1882
Le libre échange, un vieux problème. Aujourd'hui les vêtements chinois, hier le verre de Saint-Jean
par Paul-Henri Hudon
Vers 1848 : Il y a trente ans, il y avait à Saint-Jean une manufacture de verre qui employait un grand nombre d'ouvriers; elle était prospère et payait de bons dividendes à ses actionnaires pendant les opérations de cette manufacture. Saint-Jean a grandi; tout le monde vivait avec aisance; on pouvait dire qu'il n'y avait pas de pauvres, car tous ceux qui voulaient travailler avaient de l'ouvrage avec un salaire rémunératif. Il y avait alors un tarif assez élevé sur le verre qui nous venait de l'étranger; c'était pour ainsi dire un tarif protecteur quoiqu'il ne fut pas prohibitif.
Vers 1850 à 1852, le gouvernement baissa les droits sur le verre de près de moitié. Les conséquences en ont été que les vitres et autres objets en verre ont été importés de l'étranger. La manufacture de Saint-Jean a été obligée de fermer ses portes après avoir fait perdre à ses actionnaires tout le montant de leurs parts et une plus forte somme à ses directeurs pour des endossements.[1]
[1]Le Franco-Canadien, 8 janvier 1878, signé : Un Libéral
Le moulin banal de la seigneurie de Chambly
par Réal Fortin
Le « moulin à leau banal » de Chambly était, sous le régime français, « situé sur le bord du rapide au dessus du fort ».[1]
En 1719, la seigneurie fut divisée entre les enfants de Joseph-François Hertel de LaFresnière.[2]
Malgré cela, ce moulin à farine demeura la co-propriété des héritiers. Les meuniers qui sy succédèrent habitaient « en la maison du dit moulin à leau ».[3]
En 1741, il avait été dabord confié à Nicolas Tessier dit Lavigne au mois de juin puis à André Regnault en décembre. La co-gestion donna lieu à un conflit après 1760 et laffaire se retrouva en cour. Toutefois, les sentences ne semblèrent pas satisfaire les parties en cause et on en vint finalement à une entente à lamiable le 17 novembre 1762. Nous croyons intéressant de reproduire cette entente dans sa forme ancienne avec son orthographe et
ses fautes.
Par devant le notaire Royal de la juridiction Royalle de Montreal residant a Chambly sousigné et temoins en fin nommés furent présens Messire Jean Baptiste Boucher ecuyer sieur de Niverville seigneur primitif du dit Chambly, dune part et dame Marianne le Gras au nom et comme fondée de procuration de Messire Jean Baptiste Hertel seigneur en partie du dit Chambly, son mari le sieur Pierre Boileau au nom et comme fondé de procuration de Messire le Chevalier de Niverville : le sieur François Lanoie au nom et comme fondé de procuration de Madame Youville, de dame Hipolithe Blainville, de dame Barbe de la Valterie et de dame Therese de Moncour, tous seigneurs en partie du dit Chambly dautre part Lesquels disant les dittes parties quayant été depuis lontemps en proces au sujet du Moulin a farine du dit lieu du dit Chambly, vu les sentences rendû aux chambre de longueüil et Varenne contre mondit Sieur de Niverville lesquels partis pour terminer a lamiable leurs dittes affaires consernant le dit Moulin par conseil et avis de leur amis communs ont volontairement transigé et accordé (
) en la maniére qui suit Sçavoir premierement consentent les dittes parties que toute les procedures et sentences rendû au sujet du dit Moulin furent regardé comme nul et non faite et que les dittes parties se tiennent respectivement quitte les uns les autres pour les frais que mondit Sieur de Niverville a fait au dit Moulin et pour les sentences qui ont été rendus contre lui au profit du dit co seigneur dont il len décharge et len tienne quitte et duement déchargé sans pouvoir jamais pretendre les un entre les autres rien des dittes sommes Sinon que MonSieur de Niverville soblige et promet payer ce qui est du a Michel Lague dit Sansquartier Maitre Charpentier pour les differentes ouvrages quil a fait en different tems au dit Moulin par lordre de Mondit Sieur de Niverville, de plus Mon dit Sieur de Niverville promet et soblige pareillement de payer ce qui est du a mademoiselle de Ramezay pour douze pots dhuile quelle lui a fournie pour le dit Moulin, en outre la somme de quatre vingt trois livre au Sieur Lanvin pour frais de justice du dit proces, et pour la cotte part de Mon dit Sieur de Niverville pour les traveaux que le dit Sieur Lanois a fait faire au dit Moulin, et a légar de ce qui rest a payer aux habitants suivant les comptes qui sont entre les Mains du capitaine Menard Les dites parties conviennent et consentent et acceptent quil les payeront a frais commun et suivant les droits quil retire respectivement du dit Moulin; accordant aussi les dittes parties et conviennent quil ne pourront les un les autres faire aucun frais au dit Moulin sans savertir les un les autres, directement ni indirectement, comme aussi ne pouront les un les autres de leur propre autorité; de mettre aucun meunier ni les chasser du dit moulin; sans le consentement de toute les dittes parties; ou (
) personne proposé par les dits coseigneurs; ne pourront non plus faire aucun partage sans que les co seigneurs y soient present ou leur procureur; lequel reglera les affaires du dit Moulin avec Mon dit Sieur de Niverville; et en consequence Que les dittes parties se quitte respectivement de toute chose, les un les autres consernant le dit Moulin Car ainsi & promettant & obligeant & (
) & faite et passé en lautel de Mondit Sieur de Niverville Lan mil sept cent soixante deux, le dix septieme novembre en presence des Sieurs Margueritte et Gilbert temoins demeurant au dit Chambly qui ont signé avec Mon dit Sieur de Niverville, la (
) Boileau et dame Marianne Legras et Notaire de ce enquis lecture faite suivant lordonnance Cinq mots raturés sont de nulle Valleur. Signatures : Niverville, Lanoie, jm gilbert, Margueritte, Legras Rouville, blainville hertel Grisé notaire ( nom illisible)
[1]ANQ, notaire Gervais Hodiesne, 7 décembre 1741
[2]Dictionnaire encyclopédique de la seigneurie de Chambly 1609-1950,Société dhistoire de la seigneurie de Chambly, Chambly, 2001, p. 115
[3]ANQ, notaire Gervais Hodiesne, 20 juin 1741
Nouvelles de Chambly
par Paul-Henri Hudon
LA PLUIE CONTRE LE CHOLÉRA
À la sécheresse de près d'un mois et demi et aux grandes chaleurs dont on a tant souffert, ont succédé enfin quelques ondées qui ont rafraîchi le temps et qui ont donné une nouvelle vigueur à la végétation. On espère encore que ces pluies en purifiant l'air arrêteront au moins ou purifieront la violence de l'épidémie.
(L'Écho du Pays, 14-8-1834)
LES VERS S'Y METTENT
Les récoltes: En quelques endroits, tels que Laprairie et Chambly, la récolte de blé, au rapport de quelques cultivateurs que nous avons vus, est fort mauvaise. Une espèce de petits vers ayant détruit la partie supérieure de l'épi.
(L'Écho du Pays, 11-9-1834)
CHAMBLY, UN NOUVEAU DÉPART
Le village de Chambly a été récemment reconstruit et il appartient au seigneur Hertel et à ses enfants à l'exception d'une seule maison et de son jardin qui appartiennent à un nommé Saint-Ange, un colon de cet endroit. Le dit village consiste en un moulin à vent en maçonnerie, trois maisons, deux fours à pain, une grange commune et cinq étables toutes construites pièces sur pièces... Il y a de plus seize défricheurs, le plus éloigné étant à une lieue du fort...
Le moulin sert en même temps de tour de guet et de redoute. Situé sur une éminence et commandant une vue sur les environs du fort, il est un avant-poste précieux à la défense de celui-ci...
(APC- MG 1-24, Dépôt des fortifications, Mémoire du 15 septembre 1704)
LES GRANDS PINS DE CHAMBLY
À Baie-Saint-Paul, il y a c'est vrai, beaucoup de pins dont on a déjà levé l'écorce à plusieurs, mais les tremble-terre y font tous les ans de si horribles dégats et les abords y sont si difficiles qu'on aurait bien mieux fait d'établir cette fabrique de goudron vers le fort de Chambly, où c'eut été bien plus aisé et qui abonde aussi en pinières...
(Frontenac au ministre, 13 novembre 1673).
CHAMBLY, L'ÉDEN DES ORIGINES
Au fort de Chambly et à celui de Saurel, qui sont de fort honnêtes gens, on vit de ménage; on y trouve des boeufs, des vaches, de la volaille... Ils ont de beaux lacs poissonneux et la chasse abonde en tout temps. L'on fait des chemins pour communiquer d'un fort à l'autre, les officiers y ont de fortes belles habitations et avancent leurs affaires par leurs alliances avec les familles du pays...
(Marie de l'Incarnation, 1670)
CHAMBLY, CONTREBANDIÈRE
Lorsque j'étais à Chambly, je vis passer deux canots français chargés de castors; ces voitures allaient furtivement à la Nouvelle York, et l'on disait tout bas que c'était pour le compte de M de la Barre. Ce commerce clandestin est expressément défendu, parce qu'on est obligé de porter ces peaux au bureau de la compagnie, où elles sont taxées cent soixante pour cent moins que les Anglais ne les achètent à leurs colonies.
(baron de La Hontan, 1685)
CHAMBLY, UNE ÉTAPE
Depuis l'érection du fort Saint-Frédéric (en 1731), celui de Chambly se trouve à présent reculé de la tête de nos possessions et cette considération avait fait naître l'idée de le détruire. Il faut bien s'en garder. Il soutient la navigation sur la rivière Richelieu, sert d'asile aux habitants, offre une retraite assurée à des troupes qu'on aurait postées en avant et, en un mot, quoiqu'en seconde ligne, on peut en tirer le même avantage que s'il était en première.
(Franquet, 1752)
LE FORT, UN USAGE INSOLITE
Messire Pierre-Marie Mignault, vers 1854 ou 1855, avait fait des efforts auprès du gouvernement provincial dans le but d'obtenir le vieux fort pour servir d'abri aux sourds-muets et, par ce moyen, favoriser leur éducation. Mais tout fut inutile et, peu de temps après, le fort abandonné dut subir l'outrage du temps. En effet, il ne reste plus que des ruines, mais encore grandes et majestueuses qui attestent un glorieux passé. Elles seront conservées, nous n'en doutons pas. La presse toujours puissante viendra au secours de quelques voix qui se sont fait entendre ici et même au-delà du Canada, en France et aux États-Unis. Le pays ne peut rester sourd à la voix de l'honneur de Chambly.
Archéologue.
(L'Opinion publique, 22 octobre 1874, page 527)
Parlant d'accommodements
par Paul-Henri Hudon
Il y a eu au long de notre histoire des accommodements entre les personnes de culture différentes. Quelques uns, commencés par des coups de gueule, se sont terminés par des coups de bâton. Devant l'église de Chambly, en mai 1835 par exemple. Bien plus, dans ce cas-ci, on déplore le laissez-faire d'un juge de paix local, qui refuse d'inculper l?assaillant. On comprend l?indignation du journaliste !
Il est bien certain qu'une rixe scandaleuse a eu lieu presqu'en face de l'église, et qu'un M. Robert Lafontaine a été horriblement maltraité à coups de bâton par un étranger du nom de Murlin; qu'une blessure à la tête a été considérée comme dangereuse, et qu'un des magistrats du lieu admit l'agresseur à caution seulement pour bonne conduite, et non pour comparution au terme criminel. Celui-ci, ne se sentant nullement engagé, prit la fuite.
La clémence de ce magistrat contraste singulièrement avec celle du célèbre colonel magistrat Lemay qui a dernièrement fait arrêter un pauvre homme dont l'offense était d'avoir fait un peu de bruit à la porte de l'église, et qui l'a fait conduire à Montréal garotté et escorté de deux miliciens portant armes et munitions. Cet homme fut immédiatement admis à caution et renvoyé chez lui.[1]
Et cet autre assaut par une employé de ferme sur son patron : Un riche propriétaire de cette paroisse (Saint-Mathias), M. Edmond Beauvais, a été attaqué et frappé brutalement mardi de huit coups de couteau dans le dos et le bas ventre par son fermier, un Français du nom de Graillon, aidé de sa famille. M. Beauvais aux dernières nouvelles était mourant.[2]
M. Beauvais est toujours dans le même état critique.[3]
[1]La Minerve, 13 mai 1835
[2]Le Canada Français, 12 octobre 1893
[3]Le Canada Français, 19 octobre 1893
Quand le fort sauve le presbytère, le 5 juin 1809
par Paul-Henri Hudon
Le soussigné se sert de la voie de ce papier pour faire, au nom de toute la paroisse de Saint-Joseph de Chambly et au sien propre, les plus amples et les plus sincères remerciements à tous ceux qui ont porté secours avec le plus grand zèle à l'incendie qui a eu lieu dans la nuit du 4 au 5 courant, et très particulièrement au lieutenant-colonel Vincent du 49e régiment, commandant la garnison au fort Chambly, et à messieurs les officiers et aux soldats sous son commandement.
C'est à la promptitude, à la dextérité et à l'ardeur avec laquelle ils ont servi le feu qu'est due pour la troisième fois la préservation du presbytère, d'une autre maison et d'un hangar, lesquels devaient selon toutes apparences être dévorés par les flammes. Si le soussigné ne s'est pas acquitté plus tôt de ce tribut d'éloges si justement mérités, c'est qu'un fâcheux accident, arrivé quelques heures avant, lui a rendu la chose impossible jusqu'à présent.
Chambly, 24 juin 1809. Jean-Baptiste Bédard, prêtre, curé de Chambly.[1]
[1]Montreal Gazette, 3 juillet 1809
Saint-Basile-le-Grand n'est pas célèbre seulement par son incendie de l'entrepôt de pneus. Mais quelle est donc l'origine de ces secousses ?
par Paul-Henri Hudon
Saint-Basile: Nous apprenons que le phénomène extraordinaire des secousses souterraines qui se sont produites à Saint-Basile, il y a quelques semaines et qui ont disparu, ont recommencé comme de plus belle au même endroit la semaine dernière sur un circuit de ¾ de lieu environ. Les gens sont de plus en plus effrayés et craignent de voir quelque cratère s'ouvrir un de ces jours dans la localité.[1]
[1]La Minerve, 17 septembre 1874
Trois sépultures amérindiennes à Richelieu sur les berges de la rivière. Est-ce possible ?
par Paul-Henri Hudon
Les personnes employées aux travaux d'excavation près des usines de la compagnie manufacturière, ont retiré à quelques pieds de profondeur trois grands squelettes que l?on dit être des charpentes osseuses de trois sauvages de la tribu des Hurons qui habitaient autrefois les bords du Richelieu et de la petite rivière qui porte encore leur nom.[1]
Que se passe-t-il ' Nous sommes à Richelieu, en 1900, face à la municipalité de Chambly Canton. La Compagnie manufacturière de Chambly a commencé la construction de la centrale électrique sur le Richelieu. Les barrages et les assises des bâtiments nécessitent d'acheminer des matériaux lourds, tels que des pièces d'acier, des pierres, du ciment, des poutres et de la machinerie lourde, etc. On construit donc une chemin de fer, ou plutôt un chemin sur rails de bois.
La Royal Electric Co fera faire un chemin en madriers depuis la station de Richelieu jusqu'à leur bâtisse. On commencera à construire bientôt une digue à 2 milles plus haut que le village de Chambly Canton pour arrêter le frasil.[2]
Dans l'après-midi de dimanche dernier, une foule d'étrangers de Marieville et Chambly s'est rendue sur le terrain de la compagnie manufacturière de Chambly, à Richelieu, pour examiner les travaux immenses que cette dernière y a entreprise.[3]
La compagnie manufacturière de Chambly qui, comme on le sait, a établi ses usines de ce côté-ci de la rivière et non à Chambly, comme bien des étrangers le supposent, est à commencer de nouveaux travaux d'excavation. Pendant toute la semaine dernière, une trentaine d'hommes se sont occupés à la confection d'un chemin de fer, dans nos rues, pour le transport de la gare au lieu des travaux de deux locomotives et d'une pelle à vapeur (steam shovel) qui seront utilisées durant les dits travaux. Le tout pèse vingt cinq tonnes ou 250 000 livres. On compte que le nombre des travaillants sera fixé à deux cents.[4]
[1]Le Canada Français, 4 mai 1900
[2]Le Canada Français, 28 avril 1899
[3]Le Canada Français, 27 avril 1900
[4]Le Canada Français, 20 avril 1900
Une catastrophe maritime à Chambly
par Paul-Henri Hudon
Samedi soir (le 6 juillet 1836), vers 11 heures, un incendie se déclara à bord de L'Union Canadienne, qui était accosté au quai dans le bassin de Chambly. Le bateau était arrivé à 6 heures et on attribue cet incendie à l'introduction de quelques étincelles dans les baux du bâtiment qui auraient causé plus tard le feu. Tout l'équipage se reposait des fatigues du voyage, à l'exception d'un matelot qui faisait le quart.
L'odeur de la fumée réveilla le capitaine Chénier, qui s'empressa de voler sur le pont où il trouva son matelot tout apeuré, cherchant à éteindre le feu. Dans un instant, l'incendie éclata sur tous les points et on ne songea plus qu'à se sauver et à réveiller les personnes à bord.
Nous avons la douleur d'ajouter que le nommé George Barthélemy, garçon de chambre, n'a pu s'échapper et a été étouffé par la fumée et brûlé par les flammes dans la chambre des dames, lorsqu'il a succombé et est devenu la victime de ce triste accident.
Une dame et sa petite fille, Mme Holmes du Pot-au-Beurre de Sorel, se jetèrent à l'eau au milieu du trouble et de la confusion générale, et périrent sans que personne ne s'en aperçut sur le moment. Leurs corps furent ensuite retrouvés; celui de la mère, une couple d'heures après l'accident; celui de l'enfant, ce matin seulement. Mme Holmes était âgée d'environ 50 ans et sa petite fille à peu près 5 ou 6 ans. Mme Holmes avait préféré passer la nuit dans le steamboat pour éviter l'orage et le mauvais temps qui se sont fait sentir vers 8 heures et plus tard, samedi dernier.
Le garçon, George Barthélemy, était natif d'Allemagne et avait une cinquantaine d'années. On a retrouvé ses ossements et un morceau d'épine dorsale. Le vaisseau est brûlé jusqu'à la partie qui se trouvait à fleur d'eau. L'engin seulement est sauvé et a souffert de légers dommages. Le capitaine et son équipage ont eu à peine le temps de sortir du vaisseau et ont perdu toutes les hardes et tous les effets qu'ils avaient à bord. On estime la perte du capitaine et de ses associés, au nombre de deux, à au moins 2000 louis.
Une somme de 50 livres en billets de la Banque du Peuple et 10 livres et 12 livres en espèce est devenue la proie des flammes. Le bâtiment n'était pas assuré. Au milieu de ces détails affligeants, nous avons une consolation, c'est que ce malheur n'a pas diminué la zèle, ni abattu le courage du capitaine Chénier. Malgré cette grande perte pour lui et ses co-propriétaires (M. Henri Monjeau et Charles Boucher de Grosbois), M. Chénier est rendu à Montréal pour aviser aux moyens de remplacer de suite son bâtiment. Il espère commander un autre vaisseau dans quelques mois. (La Minerve, 11 juillet 1836).
Un journal américain rapporte, nous ne savons de quelle autorité, en parlant de l'incendie de L'Union Canadienne, qu'il se trouvait à bord une grande quantité d'huile. Le feu s'étant communiqué aux quarts, l'huile se répandit dans le bassin de Chambly, et que les habitants de la rive opposée de l'incendie ramassèrent le lendemain l'huile qui était sur la surface de l'eau, au point que le propriétaire n'éprouva presque pas de perte.
Une autre circonstance assez extraordinaire qui a signalé cet incendie est venue à notre connaissance. On se rappelle qu'une femme et son enfant sont devenus la proie des flammes, ainsi qu'un vieillard et quantité d'effets. On sait aussi qu'une somme assez considérable d'argent monnayé n'a pu être sauvée, et que l'argent, qui était enfermé dans une boîte, fut tout fondu par l'action de la chaleur. Le lendemain, en cherchant dans la coque du bâtiment, le capitaine Chénier trouva plusieurs morceaux d'argent fondu, parmi lesquels il s'en trouva un assez remarquable. Il représentait une femme tenant son enfant dans ses bras.
Nous avons examiné nous-mêmes attentivement cet ouvrage du hasard et l'image de la femme et de l'enfant est si bien formée qu'il n'y a pas à s'y méprendre. Quelques personnes ont prétendu qu'on apercevait aussi la figure du vieillard, mais elle n'est pas assez distincte pour qu'on doive dire: C'est en effet son effigie.
On peut ranger cette espèce de médaille dans la catégorie des phénomènes que l'on ne peut qu'attribuer à l'effet du hasard; mais toujours faut-il dire que c'est un singulier hasard.[1]
[1]La Minerve, 15 août 1836
Une longue canicule en 1868 rend les gens un peu « beignes »
par Paul-Henri Hudon
En juillet 1868, une poussée de chaleur provoque plusieurs décès (Plusieurs cas sont rapportés dans le Franco-Canadien, entre autres le 21 juillet 1868).
M. Charles Allard de Chambly est tombé frappé par la chaleur en se beignant (sic). Il passa la nuit sans connaissance. Mais, à force de soins, on parvint à le ramener à la vie. Malheureusement la paralysie est restée attachée à sa langue. On espère pour ce jeune monsieur que la paralysie disparaîtra.[1]
Samedi à quatre heures après-midi, deux détachements du 16e et du 100e régiments laissaient Montréal pour Chambly. Les hommes du 100e régiment étaient revêtus de leurs tuniques rouges et ceux du 16e des blouses en toile. À près de quatre milles en deça de Chambly, P. Glinnor du 100e tomba soudainement frappé par la mort. Un examen post mortem montra que la cause de la mort était un coup d'apoplexie provenant de la chaleur. Deux hommes ont aussi souffert grandement de la chaleur, mais ils sont maintenant hors de danger.[2]
[1]Le Franco-Canadien, 21 juillet 1868
[2]Le Franco-Canadien, 17 juillet 1868
Un meurtre à Chambly?
par Paul-Henri Hudon
Robert Blair, soldat de l'artillerie royale stationnée à Chambly, a été conduit dans la prison de cette ville, accusé d'avoir tué un de ses camarades en se battant avec lui.[1]
Robert Blair, William Daly et James Connaly ont été condamnés pour homicide involontaire, à six mois de prison et "to be burn in the hand".[2]
Robert Blair était aussi boulanger; il avait épousé Éléonore Benoit à Saint-Stephen's le 14 mai 1824. Il est inhumé à Saint-Stephen's le 16 décembre 1825, reported by coroner's inquest as having died by accidentally falling from his cart. Il laisse une veuve enceinte, qui se remariera à Jean Dion, aussi boulanger de Chambly. Jean Dion et Éléonore Benoit sont les parents de Joseph-Octave Dion. Élisabeth Blair, soeur utérine de Joseph-Octave Dion, épousera le notaire Henri-Philippe Paré le 16 octobre 1855.
[1]Le Canadien, 23-7-1823
[2]Montreal Gazette, 13-9-1823
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